Possible association entre hémopathies malignes et artérite à cellules géantes

L'Artérite à Cellules Géantes (ACG) est typiquement une vascularite du sujet âgé. L'hématopoïèse clonale est par ailleurs un processus biologique dont la prévalence est positivement corrélée à l’âge. Elle témoigne d’une instabilité génomique résultant d’un déséquilibre croissant entre le stress génotoxique et les capacités individuelles de détection autant que de réparation des cassures de l’ADN, voire des erreurs de réplication.

L’accumulation des mutations tout au long d’une vie peut favoriser l’émergence clonale et exposer finalement à un risque d’hémopathies malignes. Existe-t-il une association entre ces dernières et l’ACG par le biais de l’hématopoïèse clonale ? C’est ce que suggèrent les résultats d’une étude de cohorte rétrospective française. L’épidémiologie des hémopathies malignes dans ce contexte a été étudiée en croisant le registre RHEMCO (Registre des Hémopathies de Côte d'Or (RHEMCO) et les données issues des laboratoires d'anatomopathologie de la région.

La période de recueil des données s’échelonne entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2018.

Dénominateur commun, l’hématopoïese monoclonale


C’est ainsi qu’ont été identifiés 276 patients atteints d’une ACG prouvée par une biopsie de l’artère temporale. Parallèlement, le diagnostic d’hémopathie maligne a été posé chez 12 d’entre eux (4,3 %). Si l’on se réfère à la population générale d’âge > 50 ans, la fréquence des hémopathies myéloïdes et des syndromes myéloprolifératifs apparaît plus élevée en cas d’ACG, les rapports d’incidence standardisés (RSI) correspondants étant respectivement estimés à 2,71 et 5,16.

Ces valeurs sont plus élevées chez les hommes, puisqu’ils sont respectivement de 4,82 et 9,04. Par ailleurs, si l’on prend en compte la chronologie des évènements, après un diagnostic d’hémopathie myéloïde, le risque de développer une ACG serait plus élevé avec un RSI qui atteint 9,56 exclusivement chez les hommes. S’il s’agit d’un syndrome myéloprolifératif et, là encore uniquement chez les hommes, le RSI culmine à 17,56.

Cette étude rétrospective bien documentée suggère l’existence d’une association significative entre ACG et hémopathies malignes dont le dénominateur commun pourrait être l’hématopoïèse monoclonale, notamment chez les hommes. Une hypothèse qui reste à confirmer mai qui met en exergue des pistes pathogéniques inédites.

Dr Philippe Tellier

Référence
Greigert H et coll. : Haematological malignancies in giant cell arteritis: a French population-based study. Rheumatology (Oxford). 2021;60(11):5408-5412. doi 10.1093/rheumatology/keab328.

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