Où l’impact de l’usage régulier des AINS sur les troubles érectiles ne semble guère positif

La prévalence des troubles de l’érection (TE) augmente avec l’âge jusqu’à toucher 40 % des septuagénaires. De multiples autres étiologies ont été incriminées : diabète, hypertension artérielle, tabagisme, etc. De plus, certains travaux ont suggéré un lien entre inflammation et dysfonction érectile. On aurait donc été en droit d’espérer que la prise régulière d’anti-inflammatoires non stéroïdiens  (AINS), puisse apporter ici un certain bénéfice. Or, il n’en est rien et c’est l’inverse qui se produit.

Ainsi le montre une étude qui s’est fondée sur l’observation d’un vaste registre californien à partir duquel on a adressé à un échantillon d’hommes entre 45 et 69 ans un questionnaire (antécédents, habitudes alimentaires et tabagiques, médicaments en cours, etc.). Après avoir éliminé les cancers de prostate dont le traitement peut obérer l’érection, on a conservé 80 966 hommes. Il leur a été demandé s’ils avaient des défaillances sexuelles : toujours (TE qualifié de sévère), fréquemment (TE modéré), parfois (pannes) ou jamais, les 2 dernières réponses définissant le groupe témoin, sans TE.
Les registres pharmaceutiques ont permis de définir les sujets exposés aux AINS, c’est à dire en consommant plus de100 j/an. On a aussi demandé aux malades quel(s) AINS ils utilisaient et la posologie. Pour limiter les biais dus à l’âge, les hommes ont été divisés en 3 strates (45-49, 50-59 et 60-69 ans).

Sur les 79 130 résultats exploitables, 23 215 hommes (29,3 %) se plaignaient de TE, la proportion augmentant avec l’âge (42 % après 60 ans). L’exposition aux AINS atteignait 47 % des hommes (54 % après 60 ans). On a trouvé une corrélation entre l’exposition aux AINS et les TE, ces derniers survenant chez 35 % des hommes traités vs 24 % des non traités (p<0.01), qui se retrouve dans toutes les tranches d’âge, avec un risque multiplié par 1,7, atténué à 1,2 après prise en compte des pathologies associées, mais encore majoré dans les TE sévères, ces chiffres grimpant alors à 2,4 et 1,4.

Il y aurait donc association entre troubles érectiles et prise régulière d’anti-inflammatoires, indépendamment de l’âge et des pathologies associées.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Gleason JM et coll. : Regular nonsteroidal anti-inflammatory drug use and erectile dysfunction. J Urol., 2011; 185: 1388-1393.

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