La chirurgie bariatrique protège des maladies cardiovasculaires

On le savait déjà, la chirurgie bariatrique, la seule méthode vraiment efficace pour faire maigrir massivement et durablement les sujets obèses sévères, réduit l’incidence du diabète, des cancers et de la mortalité totale. Ces données, issues de l’étude SOS sont aujourd’hui complétées par un nouveau résultat de cette même étude : la chirurgie bariatrique diminue l’incidence des maladies cardiovasculaires (CV). Rappelons que SOS est une étude prospective contrôlée mais non randomisée dans laquelle un groupe de patients ayant bénéficié d’une chirurgie de l’obésité (anneau gastrique, by-pass ou gastrectomie verticale) est suivi parallèlement à des sujets témoins obèses appariés sur 18 variables.

L’évaluation concernant l’effet de la chirurgie sur les maladies CV a été réalisée après une durée médiane de suivi de 15 ans. L’incidence des décès CV et des premiers évènements CV ont été réduits respectivement de 53 % et 33 % chez les sujets opérés par rapport aux témoins dans les analyses ajustées sur les paramètres qui différaient entre les deux groupes à l’inclusion dans l’étude. Mais cet effet bénéfique de la chirurgie n’est pas corrélé à l’importance de la perte de poids, ni à la valeur initial de l’IMC. Autrement dit, ce ne sont pas forcément les plus obèses ni ceux qui perdent le plus de poids qui profitent le plus du traitement chirurgical. Inversement, les patients les plus insulinorésistants sont ceux qui en bénéficient le plus (nombre de sujets à traiter pour éviter un décès chez les sujets ayant une insulinémie élevée: 21 dans le « groupe chirurgie » vs 173 chez les témoins).

Ces derniers résultats ouvrent la voie de la recherche sur les critères permettant de sélectionner les patients qui bénéficieront le plus de la chirurgie bariatrique (sujets indulinorésistants ?). L’IMC pourrait à l’avenir ne plus être le critère principal sur lequel une indication opératoire est proposée. En outre, ils laissent entrevoir l’existence d’effets bénéfiques de la chirurgie indépendants de la perte de poids.

Dans l’immédiat, nous sommes à nouveau rassurés sur l’intérêt de la chirurgie bariatrique à long terme. Mais ces données ne nous permettent pas de passer outre les recommandations qui préconisent, pour le moment, la chirurgie uniquement dans des situations d’obésité sévère, où il est raisonnable de penser que les bénéfices l’emportent sur les risques.

Dr Boris Hansel

Références
Sjostrom L et coll. : Bariatric Surgery and Long-term Cardiovascular Events.
JAMA. 2012 ; 307 : 56-65.

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