Fundoplicature endoscopique pour RGO, une première

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est d’abord de traitement médical. En cas de complications (œsophagite, Barrett) ou de refus de continuer le traitement médical, la fundoplicature selon Nissen, en laparoscopie, constitue le traitement de référence.

La fundoplicature endoscopique transorale vise à réaliser aussi une valve antireflux.

Une première expérience avec cette dernière technique est rapportée (1).

Elle concerne 46 patients (48 procédures), d’âge moyen 49 ans, traités entre Février 2009 et Janvier 2011. Étaient exclus les RGO associés à des hernies hiatales (HH) de plus de 3cm (la réduction et la raphie d’une HH ne sont pas faisables par cette technique) et les patients déjà opérés pour un reflux.

Trente-trois avaient une petite hernie et 13 aucune. Trente-cinq d’entre eux avaient une symptomatologie de reflux typique et 11 des signes atypiques (toux, asthme, rhinite). Six patients étaient dysphagiques et 42 prenaient des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) tous les jours.

La durée moyenne des interventions a été de 83 mn sous anesthésie générale. Une « valve » de 270° et de 2cm de long a été réalisée (Fig. 1 à 3).

  Figure 1

  Figure 2

  Figure 3

Il n’y a pas eu de sonde gastrique. Un transit œsophagien a été réalisé le lendemain avant la sortie et des contrôles à 1, 2, 3 et 6 mois.

Le séjour hospitalier a été de 1,3 j en moyenne. Il n’y a pas eu de mortalité et la morbidité a été réduite (pneumopéritoine, pneumopathie, rétention urinaire, saignement minime).

L’évaluation de la technique a été faite sur l’amélioration de la qualité de vie liée au reflux, sur la prise d’IPP et sur la satisfaction générale.

Les suivis moyens et médians sont respectivement de 140 et 83 jours.

Avant l’intervention, 95 % des patients étaient gênés, ils n’étaient que 13 % (6) après (p<0,001). Parmi ces 6 patients, 4 sont considérés comme des échecs car leur montage s’est défait au bout de 5,5 mois en moyenne ; trois ont été réopérés (2 par la même technique, 1 par cœlioscopie) avec un bon résultat secondaire et le quatrième a été perdu de vue. Deux patients se sont plaints de troubles persistants de l’éructation.

Le nombre de patients prenant des IPP a diminué (93 vs 47 %. p<0,001).

Plus précisément, les 35 patients avec une symptomatologie typique de reflux ont eu une amélioration de leur qualité de vie et ont été globalement satisfaits quand ceux qui avaient  une symptomatologie atypique, bien que satisfaits, ne considéraient pas leur qualité de vie comme meilleure (?).

En conclusion, cette technique semble réaliser plutôt un allongement de l’œsophage et une reconstitution de l’angle de His qu’une vraie valve anti-reflux. Les résultats semblent meilleurs et moins aléatoires que ceux obtenus par d’autres méthodes endoscopiques (sclérose ou destruction par radiofréquence du sphincter inférieur de l’œsophage.

Une autre publication (2) confirme ces résultats.

Dr Roland Charpentier

Références
1) Narsule C et coll.: Endoscopic fundoplication for the treatment of gastroesophageal reflux disease : Initial experience.
J Thorac Cardiovasc Surg., 2012; 143 : 228-34
2) Trad KS et coll. : Long-term outcomes after transoral incisionless fundoplication in patients with GERD and LPR symptoms.
Surg Endosc., 2012 ; 26 :650-60

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