Qui adhère au régime méditerranéen ?

Les preuves scientifiques s’accumulent en faveur de l’intérêt du régime méditerranéen pour prévenir les maladies chroniques. Récemment, les résultats de l’étude PREDIMED ont montré que le suivi de ce régime diminue le risque de maladies cardiovasculaires (CV) de 30 % chez des sujets à haut risque, mais en prévention primaire CV. Afin de développer des stratégies efficaces d’éducation des populations et faire évoluer les habitudes alimentaires, une équipe de chercheurs espagnols s’est  donnée pour objectif de dresser le portrait des patients qui adhèrent ou non à la diète méditerranéenne.

A l’aide d’un questionnaire de fréquence de consommation des aliments (14 questions), l’adhésion au régime méditerranéen de 7 305 participants de l’étude PREDIMED a été évaluée. Un score diététique autour de 14 reflète des habitudes alimentaires proches de la diète méditerranéenne. Le score moyen de la population était de 8,6 ; les participants ont été classés en deux catégories : <9 (bonne adhésion) et ≥ 9 (mauvaise adhésion au régime).

En analyse univariée, les hommes adhèrent davantage que les femmes au régime méditerranéen.  A l’inverse, les diabétiques, les personnes obèses, celles qui ont un tour de taille (ou un rapport tour de taille/taille) élevé et les fumeurs (à l’exception des anciens fumeurs) sont les moins observants à ce régime. Enfin la pratique d’activités physiques, un niveau élevé d’éducation et le fait de vivre en couple sont des facteurs associés à un bon score d’adhésion à l’alimentation méditerranéenne. Dans l’analyse multivariée, les facteurs qui restent associés au un bon suivi du régime méditerranéen sont : le fait d’être ancien fumeur, un niveau élevé d’activité physique et un niveau élevé d’éducation. A l’inverse, un tabagisme en cours, une obésité abdominale (tour de taille/taille), un diabète et une situation de célibat sont chacun des facteurs indépendamment associés à un score faible d’alimentation méditerranéenne. Une analyse séparée des hommes et des femmes montrent un effet âge uniquement chez les premiers : les hommes âgés sont plus observants au régime que les jeunes de même sexe.

Cette étude concorde avec ce qui est connu sur les « agrégats de comportements » : les personnes qui suivent certaines recommandations sont celles qui en respectent d’autres. En outre, elle montre que les populations à risque, notamment les diabétiques, les fumeurs et les sujets les moins éduqués sont ceux qui sont les moins observants au régime. Au cours du suivi de l’étude PREDIMED, les diabétiques ont d’ailleurs moins bien suivi le régime méditerranéen prescrit comparativement aux sujets non diabétiques.

Malgré ses limites évidentes (analyse transversale, données déclaratives…), cette étude apporte un rationnel pour promouvoir le régime méditerranéen plus spécifiquement auprès de certaines populations, en particulier les fumeurs, les diabétiques, les hommes jeunes, les sédentaires et les célibataires.

Dr Boris Hansel

Référence
Hu EA et coll. : Lifestyles and Risk Factors Associated with Adherence to the Mediterranean Diet: A Baseline Assessment of the PREDIMED Trial. PLoS One. 2013; 8: e60166. doi: 10.1371/journal.pone.0060166.

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