En quoi notre alimentation est-elle déséquilibrée ?
Aujourd’hui 40 % des Français sont en surpoids ou obèses. Cette épidémie est en grande partie due à la modification de nos habitudes alimentaires.
Le déséquilibre alimentaire, mis en évidence par plusieurs études nutritionnelles conduites sur la population française (1 et 2) se caractérise par un apport moyen en lipides trop élevé, au détriment d’un apport moyen en glucides trop faible. En effet, les glucides constituent environ 44 % de l’apport énergétique total alors qu’ils devraient en représenter plus de 50 %. Ce déséquilibre est également patent à l’intérieur de chaque catégorie de nutriments : les glucides complexes sont délaissés au profit des glucides simples, les graisses d’origine animale riches en acides gras saturés sont surconsommées par rapport aux graisses de poissons et de certaines huiles végétales, riches en acides gras monoinsaturés et polyinsaturés, et les protéines végétales sont délaissées au profit des protéines animales. Ce déséquilibre alimentaire a non seulement un impact sur l’obésité, mais il est également reconnu pour intervenir dans le développement des maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Il devient urgent d’inverser la tendance de manière à améliorer l’état de santé des français.
1/ Haut Comité de la Santé Publique, Pour une politique nutritionnelle de santé publique en France, Editions ENSP, Juin 2000
2/ Enquête INCA, Enquête Individuelle et Nationale sur les Consommations Alimentaires, 1999
Entretien avec le Dr Jean-Marie Bourre,
Directeur de recherche Inserm, membre de l’Académie de médecine,
ancien directeur des unités Inserm de neuro-toxicologie puis de neuro-pharmaco-nutrition
Le pain à chaque repas favorise l’équilibre alimentaire
Le Généraliste – 9 Juin 2006
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Les atouts nutritionnels du pain
Il faut rappeler que le pain apporte une part importante des éléments nutritifs dont l’individu a besoin chaque jour.
Les chiffres clés du pain
En effet, si l’on s’intéresse aux différentes catégories d’aliments consommées par les gros mangeurs de pain, on s’aperçoit que ce sont eux qui consomment la plus grande quantité de fibres alimentaires : 23 g/jour vs 14 g/jour pour les petits consommateurs de pain (pour des apports recommandés de 30 g/jour). Le pain contient en effet une quantité non négligeable de fibres qui varie de 3,5 à 7 g pour 100 g selon le type de pain. Globalement, le pain fournit également chez les forts consommateurs près de 15 % des apports en vitamines B1 et en vitamines B6, environ 20 % des apports quotidiens en magnésium et jusqu’à 20 % des apports nutritionnels conseillés en fer. Il contribue également à la couverture des besoins en zinc en fournissant près de 14 % des apports journaliers.
Quelques repères nutritionnels
Apport calorique pour 50 g |
Apport lipidique pour 100 g |
| - ¼ de baguette |
137 Kcal |
| - 3 biscottes |
196 Kcal |
| - 1 croissant |
206 Kcal |
| - 1 pain au chocolat |
210 Kcal |
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| - ½ baguette |
1 g |
| - Une moyenne frite |
17 g |
| - 2 croissants |
17 g |
| - plus d’un paquet de chips |
35 g |
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Entretien avec le Dr Marlène Galantier,
Médecin attachée en Nutrition à l’hôpital Pompidou à Paris
Pain/poids, la fin des idées reçues
Le Généraliste – 16 Juin 2006
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Pourquoi son index glycémique est-il revu à la baisse ?
La distinction entre les glucides simples (sucres rapides) qui seraient rapidement métabolisés par l’organisme et les glucides complexes (sucres lents), métabolisés plus lentement, ne correspond pas à la réalité. En effet, certains sucres simples sont métabolisés lentement et inversement pour les sucres complexes. D’où la notion d’index glycémique, plus précise, qui mesure la vitesse d’arrivée des sucres dans le sang. Plus l’index glycémique (1) est bas et plus la vitesse de diffusion du glucose dans l’organisme est progressive, moins l’élévation de la glycémie (taux de sucre dans le sang) est brutale. L’énergie apportée par les aliments à index glycémique bas est plus longtemps disponible. Dans notre consommation quotidienne, il est ainsi intéressant de privilégier les glucides à index glycémique bas et moyen afin de développer l’effet de satiété et de favoriser une alimentation équilibrée, source d’énergie durable.

De récentes études (2), réalisées sur la base des recherches du Comité scientifique du pain, ont démontré que le pain français avait un index glycémique moins élevé que celui qui lui était attribué jusqu’alors. L’équipe du professeur Slama de l’Hôtel-Dieu à Paris a en effet mesuré l’index glycémique du pain de Tradition Française, le réévaluant à 57, soit un index glycémique moyen.
(1) L’échelle de l’Index Glycémique va jusqu’à 100 pour le glucose.
(2) Riskalla SW, Bruzzo F, Boillot J, Slama G – Effect of baking process on postprandial metabolic consequences : randomized trials in normal and type 2 diabetic subjects – Eu j Clin Nutr : 0954-3007, 2006
Du pain à chaque repas dans le cadre du PNNS
La campagne de communication du PNNS du dernier trimestre 2005, privilégie le pain, seul féculent qui n’exige pas de préparation. Les ANC recommandent également sa consommation à tous les repas et un apport de glucides de 50 à 55 % de l’apport énergétique total.
Source de glucides complexes et de fibres, participant aux apports en vitamines B1 et B6 et en minéraux (magnésium, phosphore et potassium), le pain fait partie des aliments céréaliers les plus riches en protéines végétales (de 8 à 9 % selon le type de pain) et est un aliment incontournable de l’équilibre alimentaire, également conseillé dans la prévention de certaines pathologies.
Pour répondre aux besoins énergétiques
Le pain est constitué majoritairement de glucides complexes (50 % de glucides complexes vs 2% de glucides simples) et est de ce fait la source d’énergie principale du cerveau et des muscles ; les glucides apportent 4 kcal par gramme absorbé. Une étude réalisée sur des personnes âgées (1) montre par exemple que lorsque la glycémie est irrégulière et mal régulée, la mémoire verbale et les performances psycho-motrices sont amoindries.
Pour stabiliser le poids et lutter contre les maladies cardiovasculaires
En 2004, l’équipe du Pr Slama (2) a objectivé à la baisse l’index glycémique des pains, notamment celui du pain de tradition française qui s’élève à 57. Cet index glycémique modéré associé à un apport en fibres alimentaires indique que le pain permet une disponibilité en glucose, prolongée dans le temps, développant le rassasiement et l’effet de satiété.
Pauvre en lipides (de 1 % pour la baguette à 1,8 % pour le pain complet), dont la moitié sont polyinsaturés, le pain permet de rééquilibrer la ration alimentaire au profit des glucides complexes sans ajout de matière grasse. De plus, cet apport en acides gras polyinsaturés de la série n-6 (oméga 6) contribue notamment à faire baisser le LDL-cholesterol. Il peut ainsi être recommandé pour les personnes souffrant de surpoids ou d’obésité et participer à la prévention des maladies cardiovasculaires.
Une réponse simple
Les apports nutritionnels du pain s’inscrivent dans les recommandations du PNNS et les apports nutritionnels conseillés. Un homme ayant une activité physique normale devrait ingérer environ 250 g de pain/jour soit 1/4 de baguette par repas alors qu’il en consomme en moyenne moins de 200 g.
L’Observatoire du pain a ainsi lancé sa première campagne de sensibilisation et d’information en septembre 2006 : « Du pain à chaque repas !». Une affiche originale, diffusant un message simple et compréhensible par tous, est exposée localement par 34 000 boulangeries depuis le mois de septembre.
Pour plus d’information : observatoiredupain@opinionvalley.com
Affiche « Du pain à chaque repas !»
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1/ RJ Kaplan : « Cognitive performance is associated with glucose regulation in healthy elderly persons and can be enhanced with glucose and dietary carbohydrates. », Am J Clin Nutr 72 :825-36, 2000
2/ Riskalla SW, Bruzzo F, Boillot J, Slama G – Effect of baking process on postprandial metabolic consequences : randomized trials in normal and type 2 diabetic subjects – Eu j Clin Nutr : 0954-3007, 2006
Nutrition : les médecins réclament des outils pratiques
Une enquête d’opinion a été réalisée par la Société Française de Médecine Générale pour mieux comprendre les difficultés des médecins à répondre aux questions de nutrition. Une brochure a été rédigée sur la base de cette enquête afin de faire connaître les principaux enseignements.
Brochure « Nutrition : quelles réalités en médecine générale ? »
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Entretien avec le Dr Olivier Kandel,
Responsable du département des études et recherches
à la Société Française de Médecine Générale
Nutrition : les médecins réclament des outils pratiques
Le Généraliste – le 23 juin 2006
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Recueil « Pain et nutrition », un recueil scientifique de référence
Le recueil « Pain et nutrition » réalise pour la 1ère fois en France une synthèse des principales données scientifiques disponibles sur le pain. Ce travail de recherche bibliographique piloté par le Comité scientifique du pain est disponible sur demande au 01 44 88 88 25.
Cet ouvrage s’articule autour de trois parties où il aborde successivement :
- les atouts nutritionnels du pain : « Pain : quels atouts nutritionnels ?»
- le rapport entre pain et santé : « Pain, physiologie et santé : quelles réalités ? »
- les recommandations nutritionnelles : « Consommation et recommandations nutritionnelles »
Le recueil « Pain et nutrition »
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