Un argument pour traiter la vaginose asymptomatique

Le déséquilibre en faveur des anaérobies de la flore vaginale (alias vaginose) est une situation, certes invalidantes, mais qui – en dehors de la gestation – ne semble pas présenter de risque sérieux de complication.

Les choses vont peut être changer avec l’arrivée d’études, comme celle de J. Schwebke et coll., qui tendent à nous montrer que le traitement de cette vaginose pourrait réduire la fréquence des infections sexuellement transmissibles (IST).

107 patientes consultant dans un centre américain de dépistage des IST présentant une vaginose asymptomatique ont été randomisées pour recevoir soit un placebo soit un traitement local à base de gel de métronidazole pendant 5 jours suivi d’une application bi-hebdomadaire. Au bout de 6 mois, la fréquence d’IST – principalement par chlamydiae trachomatis – s’élevait à 1,95 par personne et par an (intervalle de confiance à 95 % (IC95 de 1,29 à 1,87) sous métronidazole versus 2,29 (IC95 de 1,95 à 2,63) sous placebo (p = 0,013).

La prise en charge d’une vaginose même asymptomatique semble donc justifiée dans l’objectif de réduire le risque d’infection cervicale par chlamydiae trachomatis. Des essais complémentaires restent nécessaires pour savoir si cet effet préventif s’applique à d’autres agents infectieux sexuellement transmis.

Dr Jean-Michel Brideron

Référence
Schwebke J et coll. : A randomized trial of metronidazole in asymptomatic bacterial vaginosis to prevent the acquisition of sexually transmitted diseases. Am J Obstet Gynecol 2007 ; 196 : (517) : e1-e6.

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