Recrutement d’infirmières : opération séduction à Marseille

Paris, le mardi 2 octobre 2007 – Les politiques en matière de régulation du nombre de professionnels de santé sont l’objet, ces derniers jours, de nombreuses interrogations et polémiques. Au cœur de ce débat, le sort des infirmières paraît relativement oublié. L’inquiétante démographie de ces professionnelles et le constat permanent de pénurie obligeraient pourtant à une réflexion poussée sur ces questions, comme en témoigne l’exemple marseillais et plus généralement celui de la région Provence Alpes Côte d’Azur.

1 740 places et 12 000 départs à la retraite

Le quota d’étudiants autorisés à entrer en Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) alloué à ce large bassin de population ne dépasse pas 1 740 places par an. Un chiffre dont la faiblesse est flagrante lorsqu’on sait que 12 000 départs à la retraite d’infirmières sont prévus dans cette région d’ici 2012. Pour les établissements de l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) ce numerus clausus les contraint à redoubler d’ingéniosité afin de pallier les nombreux nouveaux recrutements nécessaires. Quelque 360 infirmières doivent en effet être embauchées chaque année pour permettre le bon fonctionnement des prestigieux services de la cité phocéenne. Les 150 nouvelles professionnelles diplômées des écoles de La Capelette, de Sainte Marguerite et de l’hôpital Nord se révèlent insuffisantes à répondre aux besoins. Aussi, jouant de sa position de « troisième centre hospitalo-universitaire du pays » comme le rappelle la directrice générale des soins, Nicole Chevalier, Marseille n’hésite pas à débaucher les infirmières travaillant dans le privé et dans le public dans toute la région PACA, voire dans l’ensemble de la France. Les arguments de séduction sont nombreux pour l’AP-HM qui rappelle sur son site internet qu’elle « offre la possibilité d’un parcours professionnel très varié et de multiples possibilités d’évolution de carrière ». Dans cette même perspective, Nicole Chevalier détaille dans la Provence ce 1er octobre : « une forte mobilité, une formation continue, classique ou universitaire et des stages d’adaptation à chaque nouvel emploi, sans oublier tous les avantages dont peuvent bénéficier les salariés d’une grande entreprise » dont bénéficient les professionnelles qui font le choix de Marseille. Les sirènes de l’AP-HM ne sont en outre pas seulement structurelles mais également financières, telles les primes de service offertes aux nouvelles diplômées dès leur première année de travail.

A.H.

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Vos réactions (2)

  • "Recrutement d’infirmières : opération séduction à Marseille"

    Le 02 octobre 2007

    Mais de quoi parlent ces gens ?!
    Nous sommes méprisées au sein des CHU, comme de vulgaires pions qu'on déplace au gré du fric et des budgets... Nous avons de plus en plus de travail et de responsabilités, mais sommes de moins en moins respectées par les directions hospitalières et nos collègues médecins... Sans parler du salaire, indigne.
    Alors ça me fait rire de lire des trucs comme des "manques de personnel", "opérations séductions"... Surtout qu'à part dire qu'il leur faudra du monde je ne vois pas où est l'acte de séduction ou la preuve d'amour. Ca ressemble plutôt à un "bong sang, mais on va dans le mur, là"... Bref, rangez vos valeurs et vos illusions, une seule chose intéresse les CHU : l'ARGENT.
    Alors si vous êtes contactées par un CHU, suivez mon conseil, fuyez cette mafia. FUYEZ. Malgré ce qu'ils en pensent, nos vies valent plus que leurs profits.
    Sandrine T. (CHU Nantes)

  • "Recrutement d’infirmières : opération séduction à Marseille"

    Le 03 octobre 2007

    Il est inadmissible d'écrire des choses pareilles concernant la cité phocéenne : manque de personnel donc impossibilité de prendre ses jours de repos noramlement, heures supp non payées ou par recupérées par manque de moyens...Planning minable et j'en passe ! C'est fini le temps des fonctionnaires tranquilles ! Arretons de rêver sur de faux arguments ! Puisque c'est si bien, pourquoi faut-il faire des opérations séductions pour recruter ?

    Magalie Sposito

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