Le PLFSS 2008 ouvre la voie de la vaccination sans prescription médicale aux infirmières

Paris, le lundi 29 octobre 2007 – Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) de l’année dernière avait déjà signé une avancée pour les infirmières en leur ouvrant un droit de prescription, visant de nombreux dispositifs médicaux. La nouvelle édition du PLFSS semble s’inscrire dans la lignée de son prédécesseur par le biais d’un amendement gouvernemental, adopté lors de la première séance de ce vendredi 26 octobre. Ce texte prévoit une modification du code de la santé publique, afin d’y introduire la possibilité pour les infirmières d’ « effectuer certaines vaccinations, sans prescription médicale ». « La liste, les modalités et les conditions de réalisation » de cette nouvelle disposition devront être « fixées par décret en Conseil d’Etat, pris après avis du Haut conseil de la santé publique ».

Vaccination antigrippale : l’œuf ou la poule ?

Défendant cet amendement, le ministre de la Santé aura considéré cette disposition « comme une mesure de bon sens » et aura remarqué qu’elle pourrait permettre de « réaliser 15 millions d’économies chaque année ». La courte discussion parlementaire entre Roselyne Bachelot et le député socialiste Catherine Génisson, qui exerce la profession de praticien hospitalier, aura concerné la spécificité du vaccin anti-grippal. On le sait, la nouvelle convention des infirmières libérales proposait que la vaccination contre la grippe puisse être réalisée, hors primo-injection, par ces professionnelles, une possibilité qui a provoqué les plus vives réticences de la part l’Académie nationale de médecine. Catherine Génisson n’aura pas manqué de remarquer que « le vaccin anti-grippal ne requiert qu’une seule injection ! ». L’interjection aura suscité la réponse suivante de la part du ministre : « Madame Génisson, je parle évidemment de la première injection dans la vie du patient. Si aucune allergie à l’œuf n’a été détectée lors de la primo-injection du vaccin contre la grippe, les injections suivantes peuvent être pratiquées chaque année par un infirmier ». L’explication aura laissé dubitative la praticienne hospitalière qui aura remarqué qu’il « est possible de développer une allergie lors d’une deuxième ou d’une troisième injection ! Par ailleurs, les antécédents médicaux du patient, l’existence de pathologies associées entrent  en compte dans la prescription d’une vaccination par le médecin ». Ces mises en garde médicales n’auront pas influé sur le vote final des députés : l’amendement 606 a été adopté.

Hostilité de l’Académie nationale de médecine

Cette voie ouverte à la vaccination sans prescription médicale des infirmières suscite un vif espoir chez ces dernières, qui auront pu apprécier le soutien sans faille du ministre de la Santé dans ce dossier. L’Académie nationale de médecine pourrait pour sa part regretter de ne pas avoir été entendue : la revaccination antigrippale par les infirmières, sans prescription médicale, avait déjà suscitée son hostilité, aussi la possibilité d’un élargissement de ce dispositif à d’autres vaccins laissera-t-elle sans doute les sages dans la plus grande circonspection.

A.H.

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