Evaluation du pronostic des lymphomes par FDG-TEP : l’analyse semi-quantitative apporte un « plus »

La 18F-FDG-TEP (tomographie par émission de positons) est une technique d’imagerie qui a fait ses preuves dans le bilan pronostique de la plupart des lymphomes. Elle permet aussi d’évaluer la réponse aux diverses stratégies thérapeutiques et s’avère, sur ce point, bien supérieure à l’imagerie morphologique. Dans les lymphomes non hodgkiniens, la captation du FDG diminue dès le début de la chimiothérapie, c'est-à-dire au bout de 24 heures après l’initiation de celle-ci.

Plusieurs études récentes indiquent par ailleurs que la réponse précoce à un traitement dans ce contexte clinique est précieuse pour guider les choix et les stratégies thérapeutiques ultérieurs.

L’analyse visuelle subjective est la modalité d’interprétation la plus répandue, comme dans beaucoup d’autres actes d’imagerie, mais une approche semi-quantitative est également possible, au travers d’index de fixation du traceur, en l’occurrence le FDG. Il s’agit notamment du SUV (standardized uptake value) qui est facile à calculer. Cependant, la confiance qu’il convient d’accorder au SUV est relative, compte tenu de certains de ses aspects techniques et il importe de le valider dans diverses situations cliniques, en démontrant sa supériorité sur l’analyse visuelle.

Tel est l’objectif d’une étude prospective dans laquelle ont été inclus 92 patients atteints d’un lymphome à grandes cellules. La FDG-TEP a été réalisée avant et après deux cycles de chimiothérapie. Le SUVmax et le SUV moyen ont été systématiquement calculés sur chaque tomoscintigraphie. La valeur prédictive de ces index et de l’analyse visuelle a été estimée quant à la survie globale et la survie sans évènement, en s’aidant d’une analyse ROC (receiver-operator characteristics). Les courbes de survie ont été établies grâce à l’analyse de Kaplan-Meier et comparées au moyen du test du log-rank.

L’analyse visuelle des données tomoscintigraphiques précoces a permis de prédire la survie sans évènement avec une exactitude de 65,2 %. A deux ans, cette survie est de 51 % dans le groupe TEP+ (versus 79 % dans le groupe TEP-, p=0,009).

 

Une réduction du SUVmax de 65,7 % entre la scintigraphie basale et celle effectuée au bout de 2 cycles, d’après l’analyse ROC, prédit la survie sans évènement avec une exactitude de 76,1 %. A deux ans, le taux de survie correspondant est de 21 % pour une  baisse du SUVmax ≤ 65,7 % contre 79 % quand la baisse du SUVmax est > 65,7 % (p<0,0001). Dans 14 cas, la positivité de la TEP constatée par l’analyse visuelle des données s’avère fausse et le SUV permet de classer ces patients parmi les répondeurs au traitement.

Dans le lymphome à grandes cellules B, l’évaluation de la réponse à la chimiothérapie de première intention, au moyen de la FDG-TEP est au mieux évaluée par le SUV qui s’avère supérieure à l’analyse visuelle. CQFD.

Dr Philippe Tellier

Référence
Chich Lin et coll. : “Early 18F-FDG PET for prediction of prognosis in patients with diffuse large B-cell lymphoma : SUV-based assessment versus visual analysis.” J Nucl Med 2007; 48: 1626-1632.

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