Stratégie efficace et économique de prévention des infections prénatales au streptocoque B

Le dépistage des infections périnatales à streptocoque B (SB) est une pratique courante aux Etats-Unis depuis une décennie et 30 à 50 % des femmes reçoivent ainsi un traitement antibiotique prophylactique intraveineux (IV) pendant le travail. Même si dans la plupart des pays occidentaux le dépistage du SB est répandu (cultures ou tests d’évaluation du risque), cette démarche n’est pas actuellement recommandée dans certains pays (comme le Royaume-Uni) par manque de preuves quant à son efficacité.

Afin d’évaluer le rapport coût-efficacité (RCE) des stratégies de prévention contre les infections néonatales à SB et à d’autres bactéries, une équipe anglaise s’est servie de 32 types de documents : 14 études publiées, 24 analyses de données primaires et 5 conclusions d’experts. Ils ont ainsi pu comparer le RCE du test prénatal des infections à SB (par PCR ou culture), du traitement antibiotique prépartum (pénicilline IV ou érythromycine per os) et de la vaccination pendant la grossesse (non disponible) sur les infections sévères au cours de la première période de la vie et dans différents groupes de risque : césarienne programmée ; antécédent d’infection néonatale à SB ; bandelette urinaire ou vaginale positive à SB au cours de la grossesse ; fièvre ≥ 38,0°C pendant l’accouchement ; rupture membranaire 2 heures ou moins de 2 heures avant le début du travail (pour les accouchements prématurés) ; rupture membranaire > 18 heures pour les accouchements à terme ; absence de facteurs de risque. Le critère principal d’évaluation était les coûts sanitaires par année en bonne santé (QALY : quality adjusted life year) gagnée.

Les résultats ont montré que les bonnes pratiques cliniques (BPC) actuelles (traiter seulement les mères à haut risque sans dépistage préalable) et le dépistage par culture ou PCR n’étaient pas coût-efficaces. Lorsqu’on étend les BPC à tous les accouchements prématurés sans test (11 % des mères traitées), cela conduit à de substantiels bénéfices (économiques). Enfin, lorsqu’on associe le dépistage par culture pour les accouchements à terme et à faible risque d’une part au traitement de tous les accouchements pré-termes et ceux à terme et à haut risque d’autre part, cela se traduit par le meilleur RCE (21 % des mères traitées). Si la vaccination était combinée au traitement de tous les accouchements prématurés et ceux à terme et à haut risque, le RCE serait encore meilleur que celui obtenu avec la dernière option, avec une limitation de l’ordre de 11 % des expositions aux antibiotiques par les mères.

En conclusion, les auteurs estiment que l’extension à toutes les femmes accouchant prématurément et à toutes celles à terme mais à haut risque est réalisable et serait bénéfique. La stratégie face aux patientes à faible risque (culture ou vaccination lorsque celle-ci aura été évaluée) reste à déterminer.

Dr Khodor Chatila

Référence
Kramer M et coll. : Preventive strategies for group B streptococcal and other bacterial infections in early infancy: cost effectiveness and value of information analyses. BMJ 2007 ; en ligne avant publication le 11 septembre, BMJ, doi:10.1136/bmj.39325.681806.AD.

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