Question pour les fêtes de fin d’année : le chocolat noir a-t-il des propriétés anti-athérogènes ?

Le chocolat noir est riche en flavonoïdes doués de vertus anti-oxydantes. Il semble que les boissons et les aliments où ces substances, y compris le cacao, abondent, soient potentiellement bénéfiques dans la prévention des évènements cardiovasculaires (ECV), si l’on en croit certaines études récentes. Les flavonoïdes seraient ainsi à même d’améliorer la fonction vasculaire périphérique chez les sujets sains et les patients exposés à un risque cardiovasculaire élevé. Les effets propres au chocolat noir sont cependant mal documentés.

Les ECV liés à l’athérosclérose se caractérisent par la survenue d’une occlusion vasculaire, d’un spasme artériel et in fine d’une thrombose.
Une forme particulière d’athérothrombose coronaire accélérée s’observe dans les suites d’une transplantation cardiaque et, dans ce cas, la durée de vie du greffon cardiaque se trouve réduite, au point que le pronostic vital à long terme peut être mis en jeu. Aux facteurs de risque, s’ajoutent une majoration du stress oxydant et une diminution des mécanismes de défense anti-oxydants, avec en corollaire une vasoconstriction coronaire paradoxale, induite par le dysfonctionnement endothélial. La diminution de la production de NO joue aussi un rôle délétère.

Un essai randomisé, mené à double insu contre placebo, a inclus 22 malades qui ont bénéficié d’une transplantation cardiaque.
Dans le groupe traité, les sujets ont ingéré 40 g de chocolat noir (70 % de cacao). La vasoconstriction coronaire a été mesurée au moyen d’une angiographie coronaire quantitative et d’un test au froid, à l’état basal et deux heures après la prise de chocolat ou de placebo.

Dans ces conditions, le diamètre coronaire est passé de 2,36+/-0,51 à 2,51+/-0,59 mm sous l’effet du chocolat, alors qu’il est resté stable dans le groupe témoin. Il en a été de même pour la vasomotricité coronaire endothélium-dépendante qui s’est améliorée dans le groupe traité (p=0,01 versus groupe placebo). L’adhérence plaquettaire a, pour sa part, diminué, uniquement après la prise de chocolat (p=0,04 vs placebo).

Le chocolat noir semble donc avoir des effets immédiats favorables sur la fonction vasculaire du réseau coronaire tout autant que sur l’adhérence plaquettaire. Le stress oxydant s’en trouve significativement diminué. Les résultats de cette étude qui relève plus de la pharmacologie clinique que de l’essai thérapeutique méritent d’être précisés à long terme par une approche clinique prospective.
Les amateurs de chocolat noir pourraient y trouver, sinon leur compte, du moins  un prétexte aux excès, en cette période de fin d’année …

Dr Catherine Watkins

Référence
Flammer AJ et coll. Dark chocolate improves coronary vasomotion and reduces platelet reactivity. Circulation 2007; 116: 2376-2382.

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Vos réactions (1)

  • "Question pour les fêtes de fin d’année : le chocolat noir a-t-il des propriétés anti-athérogènes ? "

    Le 02 janvier 2008

    Je me demande à quoi ressemble le placebo de chocolat noir ?

    A Martin

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