Débordement émotionnel des personnalités borderline en direct

Les sujets dits « borderline » (ou personnalité limite) ont des difficultés notoires à contrôler leur impulsivité, surtout dans un contexte de stress émotionnel. Ils sont très difficiles à gérer, vu ce manque de contrôle émotionnel dans leurs comportements quotidiens : « Je ne peux pas m’empêcher » résument-ils souvent. À la croisée des neurosciences (clinique, imagerie fonctionnelle par résonance magnétique, neurobiologie…), on tente donc de mieux caractériser les mécanismes neurophysiologiques sous-tendant ces troubles du comportement et de la personnalité. Compréhension considérée aux États-Unis comme une « priorité nationale ».

The American Journal of Psychiatry présente justement une étude contribuant à cette avancée attendue, puisqu’elle est l’une des premières à aborder la problématique en question à l’aide de la neuro-imagerie. La difficulté de contrôle émotionnel est ainsi objectivée par une expérience où, en voyant des mots défiler, selon leur connotation (négative ou neutre) et leur police de caractères (italique ou standard), les sujets doivent appuyer ou non sur une touche.

Comme on pouvait s’y attendre, l’instabilité émotionnelle nuit aux possibilités de concentration intellectuelle et complique alors ce type de tâche. Les troubles inhérents aux personnalités limites les conduisent à des réponses automatiques, associées aux réactions émotives et ils compromettent la plasticité intellectuelle permettant de régir adéquatement les émotions.

Par exemple, en réponse à des mots à connotation négative, les intéressés présentent une activité accrue dans la partie dorsale du cortex cingulate antérieur, région associée à la détection des conflits dans le choix des réponses. Cette activité suggère que, même sans pouvoir contrôler leur impulsivité, les personnalités limites demeurent conscientes de devoir consacrer leurs efforts à surveiller cette situation.

Dr Alain Cohen

Référence
Greg J. Siegle : « Brain Mechanisms of Borderline Personality Disorder at the Intersection of Cognition, Emotion, and the Clinic » Am J Psychiatry 2007 ; 164 : 1776-1779.

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