Mort subite du nourrisson : la France mauvaise élève européenne

Paris, le mardi 22 janvier 2008 – Les campagnes d’information rappelant notamment l’importance de coucher les nourrissons sur le dos afin de prévenir les risques de mort subite (MSN) ont porté leurs fruits. Cependant, alors que le Bulletin épidémiologique hebdomadaire consacre un numéro spécial à ces « morts inattendues », il est rappelé que « les taux de décès par MSN demeurent encore élevés en France, avec de grandes disparités interrégionales (les régions du sud connaissant de meilleurs résultats qu’au nord, ndrl)». Avec 247 MSN enregistrées en 2005, la France connaît un taux de 31,9 décès/100 000. Il se révèle supérieur à la moyenne des 27 pays de l’Union européenne qui est établie à 25/100 000. C’est la Lettonie qui fait figure de plus mauvais élève européen (79,1/100 000), tandis que l’Allemagne et la Lituanie connaissent également des résultats plus alarmants que la France. Une situation plus favorable est par ailleurs observée au Royaume Uni (26,2/100 000) et les pays du sud semblent presque épargnés par ces terribles drames. Le taux de MSN est en effet inférieur à 10/100 000 en Grèce, tandis que le Portugal n’a enregistré pratiquement aucun décès de ce type en 2005. Les études publiées par le BEH mettent en avant en France l’influence des « conditions socio-économiques » rappelant que dans les milieux défavorisés « les messages de prévention » semblent se diffuser plus difficilement.

Homicides

Dans une seconde partie, le BEH observe que « la moitié des morts subites sont diagnostiquées sans autopsie ». Aussi, la part des homicides dans ces décès que l’on préfère aujourd’hui appeler « morts inattendues » pourrait être sous-estimée. L’étude épidémiologique d’Anne Tursz de l’INSERM pointe notamment du doigt « une sous-investigation, concernant notamment le fond d’œil et l’autopsie » et observe que « le recoupement avec les données du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès » indique que les homicides pourraient être 3 à 15 fois plus nombreux que ne le supposent les chiffres officiels. Rappelons que pour clarifier ces données, la HAS a récemment émis de nouvelles recommandations concernant la mort du nourrisson, qui concerne, comme le rappelle Daniel Montagnon, président de l’association Naître et Vivre, « la prise en charge à toutes les étapes : appel des secours, prise en charge sur le lieu du décès, transport en vue d’explorations diagnostiques, soutien à la famille, certification du décès ».

A.H.

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Vos réactions (1)

  • "Mort subite du nourrisson : la France mauvaise élève européenne"

    Le 22 janvier 2008

    Il serait si simple d'imposer l'autopsie médico-légale de toute "mort subite du nourisson" comme l'est celle des morts sur la voie publique. On saurait quelle proportion de ces morts est effectivement "naturelle"

    Jean-François Foncin

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