Pékin 2008 : sécurité alimentaire « de compétition » pour les athlètes américains

Washington, le mercredi 27 février 2008 – Steven Spielberg a créé la surprise, il y a une quinzaine de jours, en annonçant sa décision de boycotter les Jeux Olympiques de Pékin, après avoir constaté le refus catégorique de la Chine d’user de son influence « pour apporter la sécurité et la stabilité dans la région du Darfour ». Cette prise de position sans appel d’un des plus célèbres réalisateurs de la planète semble devoir symboliser l’ensemble des manifestations qui fleurissent aujourd’hui à travers le monde pour dénoncer la violation constante des droits de l’homme par l’organisateur des futurs jeux olympiques. Si les fédérations sportives peuvent difficilement prendre part à ce mouvement humaniste, leurs préparatifs révèlent que leur confiance en la Chine est souvent très mesurée. Leur principale défiance concerne, non pas tant la question des droits de l’homme, mais plus certainement la sécurité sanitaire et alimentaire des athlètes.

Pas de cuisine chinoise pour les sportifs américains…

C’est ainsi que le puissant Comité olympique américain (USOC) met en place un impressionnant dispositif afin que les sportifs américains reçoivent des aliments sûrs, c'est-à-dire fabriqués en dehors des frontières chinoises. Ainsi, des accords ont été passés entre le chef cuisinier de la délégation olympique américaine, Jacque Hamilton et de nombreuses firmes américaines et étrangères : des entreprises japonaises fourniront le poisson, tandis que des compagnies australiennes pourvoiront les sportifs en fruits et légumes. L’approvisionnement en céréales et viande de bœuf, poulet et porc sera pour sa part assuré par les géants américains Kellog’s et Tyson Foods. L’acheminement de ces 11 000 kg de denrées devrait être fait trois semaines avant le début de la manifestation, selon le quotidien le Monde, qui évoque dans son édition du 25 février, les nombreux contrôles auxquels seront soumis cette précieuse cargaison.

… et pas de village olympique !

Pour recevoir ces denrées saines, les athlètes américains, installés sur le gigantesque campus pékinois, seront très certainement privés de Village olympique. Peu satisfaites que l’on mette en doute ses capacités à assurer une sécurité alimentaire optimale, les autorités ont en effet indiqué, qu’à l’instar de ce qui prévalait pour les précédents JO, les athlètes étrangers ne pourront pas apporter leur propre nourriture dans le village olympique. Ironie de l’affaire, pour justifier cette position, le chef de l’approvisionnement du Comité de l’organisation des JO de Pékin a indiqué que cette décision était liée à des questions de sécurité ! « Les aliments sont interdits en général pour des préoccupations de sécurité » a en effet expliqué Kang Yi. Ces restrictions ne devraient pourtant pas inquiéter les comités olympiques du monde entier, assure la porte-parole du bureau municipal de la sécurité alimentaire de Pékin. Madame Tang Yunha affirme en effet que depuis 2005, la ville n’a cessé de « perfectionner son système d’organisation, de supervision et de gestion pour la production des denrées alimentaires ».

Un blanc de poulet de 36 cm !

Au vu des nombreuses alertes qui ont émaillé l’actualité ces derniers mois, révélant de nombreuses irrégularités, parfois dangereuses, dans l’exportation des denrées alimentaires chinoises, la confiance des athlètes du monde entier sera cependant difficile à gagner. Les inquiétudes sont d’autant plus vives, que certains aliments pourraient non seulement faire courir un risque sanitaire, mais également entraîner des suspicions de dopage. De nombreux paysans utilisent en effet des stéroïdes anabolisants dans l’alimentation de leurs bétails. La contamination en septembre 2006 de 336 personnes par du porc aux stéroïdes avait déjà alerté les responsables des Jeux olympiques. La contemplation d’un blanc de poulet de 36 cm ( !) en vente dans un supermarché, contenant une « telle teneur en stéroïdes que tous nos athlètes auraient été contrôlés positifs, si nous les avions nourris avec ce type de poulet » n’a pas laissé de doute au traiteur Franck Puelo, de l’USOC, sur la conduite à tenir !

M.P.

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