Alimentation Fast-Food : après « Supersize me », le cinéma devient réalité

Les méfaits de l’alimentation type fast-food ne sont plus un mystère mais cette équipe de Suède a voulu évaluer les conséquences d’une « hyper-alimentation » de type fast-food sur les enzymes hépatiques et le contenu hépatique en triglycérides (CHTG) chez des sujets sains.

Il s’est agi d’une étude interventionnelle prospective, en groupes parallèles, qui a inclus 12 hommes et 6 femmes en bonne santé et un groupe contrôle apparié.

Les sujets du groupe « traité » avaient un objectif de gain pondéral de 5 %-15 % en mangeant au moins deux repas de type fast-food par jour, de façon à doubler l’apport calorique quotidien, associé à un mode de vie sédentaire et ce pour au moins 4 semaines.

Le critère de jugement était les changements hebdomadaires des taux d’ALAT et les modifications du contenu hépatique en triglycérides (CHTG) évalué par résonance magnétique spectroscopique par émission de protons à l’inclusion et à la fin des 4 semaines de l’étude.

Dans le groupe “traité” le poids est passé de 67,6 (9,1) kg à 74,0 (11) kg (p<0,001). Les ALAT ont augmenté d’une valeur basale moyenne de 22,1 (11,4) UI/l à une moyenne de valeur maximale de 97 (103) UI/l (intervalle 19,4 - 447 UI/l). Onze des 18 sujets ont eu des ALAT au dessus des limites de la normale de façon prolongée durant toute l’étude. La consommation de sucres (mono- et disaccharides) à la troisième semaine était corrélée avec le rapport valeur maximale/valeur basale des ALAT (r = 0,62 ; p = 0,006). Le CHTG a augmenté de 1,1 % (1,9 %) à 2,8 % (4,8 %), sans corrélation avec l’augmentation des ALAT.

Le taux des ALAT n’a pas été modifié chez les contrôles.

Cette étude montre donc que l’hyper-alimentation, en elle-même, peut induire des élévations importantes des ALAT en moins de 4 semaines.
Ceci impose donc, lors de l’évaluation clinique de patients consultant pour une élévation des enzymes hépatiques, d’interroger non seulement sur la consommation d’alcool et de médicaments mais également sur une éventuelle période de « bombance » alimentaire récente.

Pr Marc Bardou

Références
Kechagias S et coll. : Fast-food-based hyper-alimentation can induce rapid and profound elevation of serum alanine aminotransferase in healthy subjects. GUT 2008; 57: 649-654

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Vos réactions (2)

  • Alimentation "Fast-Food"

    Le 16 avril 2008

    Incriminer l'alimentation "Fast-Food" dans une telle étude n'est pas raisonnable. N'importe quelle augmentation si rapide de poids via une diététique hypercalorique donnerait ce résultat même si elle était issue d'un restaurant 3 étoiles Michelin. Je pense même que cela pourrait être pire (ndépendemment du prix). Le 3 étoiles ce n'est pas tous les jours (en principe), le "Fast-Food" non plus dans notre pays, alors...

    Dominique Ernouf

  • fast food

    Le 16 avril 2008

    L'incrimination des fast food est compréhensible dans la mesure ou il s'agit d'une façon simple (un fast food à chaque coin de rue) et accessible (6-7 euros le menu) d'obtenir une alimentation hypercalorique et déséquilibrée. Les personnes qui font mangent 2 fois par jour dans des 3 étoiles se comptent sur les doigts d'une main (s'ils existent!), pas ceux qui mangent 2X/J dans des fast food.
    NB: j'ai 35 ans et je mange facilement 2x/semaine dans un fast food ...

    R Dana

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