A la recherche d’un marqueur biologique d’une poussée de néphrite lupique

Le lupus érythémateux disséminé (LED) est une maladie auto-immune pouvant toucher divers organes. La néphrite lupique (NL) en est la manifestation la plus sévère, pouvant compromettre le pronostic vital. En l’absence de traitement, elle peut entraîner une insuffisance rénale sévère. Il s’agit d’une maladie complexe, où les périodes d’intense  activité (PIA), alternent avec les périodes de rémission.

Le diagnostic de NL active est habituellement posé sur l’aggravation d’une protéinurie et/ou hématurie et/ou pyurie ou la détérioration de la fonction rénale.

Dans les cas difficiles, la biopsie rénale est parfois indispensable pour apprécier l’activité de la NL. Cependant, cet examen invasif n’est pas dénué de risque.

Aussi, un marqueur sérique de l’activité d’une NL serait-il d’une grande utilité.  Quelques études ont montré qu’un tel rôle pourrait être tenu par les anticorps anti DNA ou les fractions du complément et notamment les anticorps dirigés contre C1q. Cependant, les résultats de ces études sont contradictoires.

Une équipe italienne a mené une étude prospective durant 6 ans chez 228 malades atteints d’une NL.

Chez les patients avec une glomérulonéphrite mésangiale, la seule différence biologique retrouvée entre phases active et quiescente de NL portait sur le titre des anticorps anti-C1q mais dans 46 % des PIA il n’y a pas d’augmentation de ces anticorps (versus 20 % pour les glomérulonéphrites prolifératives). De même dans les syndromes des anti phospholipides, 33 % des PIA ne s’accompagnent pas d’une élévation du taux d’anticorps anti C1q  versus 14,5 % chez les malades sans syndrome des APL (p=0,02).

Dans la glomérulonéphrite proliférative, les anticorps anti C1 q « font mieux » que les autres marqueurs (anti DNA,C3,C4) pour le diagnostic de PIA de la néphrite avec une sensibilité de 80,5 % et une spécificité de 71 %. L’anticorps anti C1q a la meilleure valeur prédictive de PIA de la NL. L’association d’une modification des taux de anti C1q, C3 et C4 augmente encore la performance.

Les anticorps anti-DNA natifs ne permettent pas de distinguer aussi clairement la PIA rénale car leur taux est trop souvent influencé par les atteintes extra-rénales

Tous les tests étudiés ont une bonne valeur prédictive négative. Leur normalité (à tous) exclut fortement une PIA de la néphrite.

En conclusion, le dosage des anticorps anti C1q est le meilleur test permettant de diagnostiquer l’activité d’une NL, principalement chez les malades avec une glomérulonéphrite proliferative et sans syndrome des antiphospholipides.

Dr JulietteLasoudris-Laloux

Références
Moroni G et coll. : Are laboratory tests useful for monitoring the activity of lupus nephritis ? a 6 year prospective study in a cohort of 228 patients with lupus nephritis.
Ann Rheum Dis 2009;68:234-237

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