Revendications infirmières : la Belgique de nouveau en exemple

Bruxelles, le mardi 24 février 2009 – Parmi les différentes expériences menées ces dernières années ayant trait au transfert de compétences entre médecins et infirmières, beaucoup ont concerné le renforcement du rôle de l’infirmière en oncologie. La place de ces professionnelles auprès des patients atteints de cancer aura en outre été dûment reconnue par la mise en place d’une consultation infirmière dans le cadre du dispositif d’annonce du cancer. Ces différents phénomènes témoignent combien l’oncologie pourrait légitimement devenir demain une véritable spécialisation pour les infirmières françaises. Cependant, la France reste avare en diplômes de spécialisation accessibles à ces professionnelles : seuls existent ceux d’infirmières de bloc opératoire (IBODE), d’infirmières anesthésistes (IADE), d’infirmières puéricultrices, tandis qu’existaient auparavant le diplôme d’infirmier de secteur psychiatrique.

Une revendication portée par les syndicats depuis 2006

Un système bien différent prévaut en Belgique où les spécialisations se sont multipliées ces dernières années. Après l’obtention de leur diplôme, les nouvelles recrues peuvent en effet s’orienter vers l’anesthésie, les soins d’urgence, les soins intensifs, la santé mentale, la médecine tropicale ou encore la diabétologie. En outre, les syndicats et notamment l’Association belge des praticiens de l’Art infirmier (ACN) ont continuellement œuvré pour la reconnaissance de nouvelles qualifications. C’est ainsi qu’avait été inscrit à l’ordre du jour du Conseil national de l’Art infirmier en 2006, alors présidé par un représentant de l’ACN, la nécessité d’actualiser la liste des titres et qualifications infirmières et de se pencher notamment sur l’oncologie. Le ministre de la Santé, Madame Onkelinx avait bientôt manifesté son soutien à cette revendication, alors qu’elle mettait en place les premières pierres de son plan cancer. Il aura fallu cependant attendre de longs mois avant que l’objectif soit complètement atteint. Il l’est enfin aujourd’hui avec la publication récente au Moniteur belge d’un « arrêté ministériel fixant les critères d’agrément autorisant les praticiens de l’art infirmier à porter le titre professionnel particulier d’infirmier spécialisé en oncologie ».

Mesures transitoires pour les infirmiers travaillant aujourd’hui en oncologie

En pratique, les infirmières souhaitant bénéficier du titre reconnaissant la spécialisation en oncologie devront avoir réussi « une formation post bachelier de 900 heures en oncologie (moitié théorie, moitié clinique), travailler au minimum ¼ temps dans un service spécialisé dans ce domaine et suivre une formation permanente de deux jours par an. Des mesures transitoires sont prévues jusqu’en 2012 pour les infirmiers travaillant déjà en oncologie, ils doivent avoir suivi une formation complémentaire de 150 heures » indique l’ACN. Les missions de ces infirmières consisteront notamment à « accompagner le patient cancéreux, sa famille et ses proches tout au long de sa maladie », à les « informer au sujet des services compétents » et à contribuer à une « prise en charge globale du patient ».

L.C.

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