Particularités de la mobilisation et du don de cellules souches hématopoïétiques périphériques chez les enfants

Environ 500 enfants donnent leurs cellules souches hématopoïétiques (CSH) chaque année en Europe pour un frère ou une sœur ayant une indication de greffe de CSH allogéniques. La plupart du temps, il s’agit de dons de moelle osseuse, mais parfois ce sont des CSH périphériques qui sont collectées. Les études relatives à la sécurité et aux particularités du don de CSH périphériques chez l’enfant sont rares.

Dans ce travail, les auteurs ont reçu dans leur centre 116 donneurs sains de PBPC (pour Peripheral blood progenitor cell) chez lesquels 152 cytaphérèses ont été réalisées entre 1995 et 2008. Ces donneurs sains comprenaient 66 enfants de moins de 18 ans dont 25 d’un poids inférieur à 20 kg et 50 adultes. La mobilisation des PBPC était classique et comportait du G-CSF à 10 microgr/kg en une injection quotidienne les 4 jours précédant la cytaphérèse. La collection des PBPC a été réalisée sur séparateur Cobe Spectra.

Les événements indésirables (EI) liés à l’administration du G-CSF différaient chez les adultes et les enfants : les enfants de plus de 20 kg et les adultes se plaignaient plus souvent de myalgies, céphalées et douleurs osseuses que les petits. Cette différence est-elle réelle ou est-elle liée au fait que les petits n’expriment pas leurs plaintes de la même manière que les grands ?

La collection a nécessité la pose d’un cathéter veineux central chez 60 des 66 enfants, alors que l’abord veineux chez l’adulte était de meilleure qualité et s’est effectué le plus souvent sur veines périphériques. Pendant la cytaphérèse, le circuit est anticoagulé, notamment par addition d’ACD, et les EI liés à cette anticoagulation (signes d’hypocalcémie à type de nausées, vomissements et paresthésies) ne se sont pas avérés significativement différents entre les tranches d’âge. En revanche, les complications cardiovasculaires liées aux variations de la volémie (tachycardie et hypotension) ont été beaucoup plus fréquentes chez les petits de moins de 20 kg, sans lien avec le nombre de masses sanguines traitées ou la durée de la cytaphérèse. Ces EI ont été gérés par administration de macromolécules et n’ont pas nécessité l’arrêt de cytaphérèses.

Quant à la capacité à collecter une dose suffisante de cellules CD34+ (minimum 2x106/kg de poids de receveur ici), celle-ci s’est avérée dépendre de façon classique du nombre de masses sanguines traitées et de la concentration en CD34+ dans le sang veineux avant cytaphérèse. La capacité à obtenir une dose suffisante de CD34+ en une seule cytaphérèse était très dépendante du ratio entre le poids du receveur et le poids du donneur.

En conclusion, la sécurité d’emploi du G-CSF à court terme pour mobiliser les PBPC semble être de mise chez l’enfant dans cette série. La réalisation de la cytaphérèse chez l’enfant, notamment de petit poids est plus invasive que chez l’adulte car elle nécessite plus souvent la pose d’une voie centrale. Les complications cardiovasculaires plus fréquentes chez le petit enfant nécessitent la prise en charge par une équipe et un centre rompus à la pédiatrie. Lors du choix d’un donneur, les cliniciens devraient être particulièrement attentifs au poids respectifs du donneur et du receveur. Quant aux particularités des données hématologiques chez l’enfant sous G-CSF avant et pendant collection, et à la sécurité à long terme du G-CSF chez l’enfant, elles n’ont pas été abordées ici.

Dr Delphine Rea

Référence
Sevilla J et coll. : Peripheral blood progenitor cell collection adverse events for childhood allogeneic donors : variables related to the collection and safety profile. British Journal of Haematology 2008 ; 144 : 909-916.

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