On peut aussi utiliser de la toxine botulique pour traiter les vessies hyperactives du sujet âgé !

L’hyperactivité vésicale (HA), dite naguère instabilité,  entraîne urgences mictionnelles avec ou sans incontinence, et pollakiurie. Son traitement chez le sujet âgé est difficile ; en effet, les anticholinergiques sont alors souvent contre-indiqués, les thérapeutiques comportementales inefficaces, et la neuromodulation des racines sacrées peu réalisable. Ces patients sont alors contraints à un confinement qui leur gâche la vie.

Les injections intravésicales de toxine botulique A (BTX-A), ont été beaucoup vantées dans l’HA de la population générale, mais point étudiées chez les malades âgés.

Des auteurs du Tennessee ont corrigé cette lacune en sélectionnant.une cohorte de sujets d’au moins 75 ans, très gênés par des impériosités mictionnelles et/ou une incontinence, et intolérants ou réfractaires aux anti-muscariniques. Tous avaient bénéficié d’un examen clinique, bactériologique des urines, cystoscopique et urodynamique pour affirmer le diagnostic d’HA, et éliminer les vessies hypotoniques ou avec résidu postmictionnel > 150 ml. On a précisé avant traitement le nombre quotidien de garnitures nécessaires et celui des mictions.

Le traitement a consisté en l’injection au niveau du détrusor de 200 unités de BTX-A dilués dans 10 ml de sérum physiologique en 20 sites différents, en épargnant la zone trigonale, sous cystoscope rigide et anesthésie générale. Ont été considérés comme répondeurs les patients dont le nombre de mictions et/ou de garnitures avait été divisé par deux ou plus. En cas d’échec, une nouvelle cure identique était réitérée après 3 mois. L’absence d’amélioration derechef était alors regardée comme un échec. Les patients ont été revus à 30 jours puis tous les 3 mois.

En un an, 21 sujets (18 femmes) d’âge moyen 81 ans, ont été traités, après échec des anticholinergiques. Dans la semaine préthérapeutique, le nombre moyen de mictions était de 11 et celui des couches nécessaires, de 4. L’HA était d’origine neurogène dans 7 cas et idiopathique dans les 14 autres.

Il n’y a eu aucune complication. A un mois, 16 malades (76 %)ont été classés « répondeurs » (en moyenne 5 mictions et/ou 1,3 garnitures/j). Deux des 5 échecs ont été « rattrapés » par la 2ème injection mais 3 n’ont pas été améliorés.

Toutefois, ces bons résultats ne se maintiennent pas et, à 9 et 12 mois, les urgences mictionnelles et les nombres de serviettes utilisées ont retrouvé leur niveau initial.

La toxine botulique est quand même un traitement intéressant du fait de sa bonne tolérance.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
White WM et coll. : Short-term efficacy of botulinum toxin A for refractory overactive bladder in the elderly population. J.Urol. 2008;180:2522-2526.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article