Thromboses au cours du lupus : quels sont les facteurs de risque ?

Le lupus systémique est une maladie auto-immune de cause inconnue caractérisée par une atteinte cutanéo-articulaire, viscérale et hématologique.  Les thromboses veineuses ou artérielles  sont fréquentes chez les malades lupiques et peuvent intéresser les membres inférieurs, les veines viscérales ou les veines caves.

Le facteur de risque de thrombose le mieux connu et le plus étudié est la présence d’anticorps anti phospholipides (40 % de phlébothromboses en cas de présence d’anticorps anti cardiolipines).

Dans la littérature,  l’ethnie du malade lupique semble également être un facteur de risque d’accidents thrombotiques mais cela  reste peu étudié alors qu’il est maintenant bien établi que  le lupus systémique est plus fréquent  chez les femmes noires ou asiatiques.

Une équipe californienne a mené une étude rétrospective chez 1 930 malades de nationalités diverses  souffrant d’un lupus systémique : caucasiens, afro-américains, hispaniques et asiatiques.

Les données ont été recueillies à partir de questionnaires et des dossiers médicaux des participants.

Le tabagisme ( OR 1,26 p=0,011), la durée d’évolution de la maladie ( OR 1,26 pour 5 ans d’évolution p=0,027x10-7), l’existence d’une atteinte rénale ( OR 1,35 p=0,036), la présence d’anticorps antiphospholipides (OR 3,22 p inférieur à 10-9) et l’utilisation de traitement immunosuppresseurs  tels que le cyclophosphamide, l’azathioprine, le méthotrexate, la cyclosporine, le mycofénolate mofétil ou le chlorambucil ( OR 1,40 p=0,011) étaient des facteurs de risque  statistiquement significatifs de thrombose artérielle, veineuse, superficielle ou profondes.

En revanche, la jeunesse du malade à l’entrée dans  la maladie était un facteur protecteur (OR 0,52 pour un âge inférieur à 20 ans avec p= 0,001).

Le traitement par hydroxychloroquine était également protecteur (OR 0,62 p =4,91x10-4).

L’analyse des sous-groupes a mis en évidence un nombre significativement plus faible de thromboses veineuses chez les Afro américains et de thromboses profondes chez les Asiatiques, particulièrement les femmes.

Cette étude est cependant limitée par son caractère rétrospectif. D’autres travaux sont nécessaires pour clarifier les différences d’origine ethnique.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Références
Kaiser R et coll. Risk and protective factors for thrombosis in systemic lupus erythematosus : results from a large multi-ethnic cohort
Ann Rheum Dis 2009;68:238-241.

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