Statut libéral de l’aide soignante : un vieux combat remis au goût du jour !

Paris, le vendredi 15 mai 2009 – Il n’existe pas beaucoup de dossiers qui contribuent à fédérer les différents syndicats d’infirmières libérales. Il semble cependant qu’il en existe au moins un qui fasse mouche systématiquement : la perspective d’une reconnaissance d’un statut libéral aux aides-soignantes. Que ce soit en 1993 ou en 2003, des propositions de loi déposées dans ce sens par des députés avaient immédiatement été attaquées par les organisations professionnelles, qui avaient obtenu que l’idée soit abandonnée. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le texte enregistré à l’Assemblée nationale au mois d’avril et soutenu par le député de l’Isère Alain Moyne Bressand n’a pas échappé à la sagacité des syndicats d’infirmières libérales.

Les aides soignantes ne sont pas surprises

Bien sûr, ces derniers se défendent de tout réflexe corporatiste en s’opposant une nouvelle fois vigoureusement à l’idée qu’une aide soignante puisse avoir un statut libéral, bien que la Fédération nationale des infirmières (FNI) ait déjà calculé que « 20 000 infirmières libérales » pourrait « être condamnées à la faillite pure et simple dans les dix prochaines années ». Cependant, les arguments ne sont pas tendres pour les aides soignantes. Ainsi, l’Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux (ONSIL) dans un communiqué du 13 mai « dénonce un procédé méconnaissant (…) toutes les règles de la concertation » et qui aboutirait à l’obtention du statut d’auxiliaire médical libéral par « une profession sans rôle propre, sans formation adéquate » ! A l’instar de la FNI, l’ONSIL souligne par ailleurs qu’un statut libéral des aides soignantes représenterait un véritable risque pour la qualité et la sécurité des soins. La FNI s’est également attelée à démontrer combien les aides soignantes ne pouvaient répondre à la définition d’une profession libérale, notamment en raison des règles concernant l’indépendance professionnelle. Dans cette même perspective, elle déplore que « le niveau de culture générale minimal pour exercer à titre libéral n’est pas pris en compte dans la proposition de loi ». Les organisations représentant les aides soignantes ont évidemment tenté de faire jouer leur droit de réponse face à ces accusations et observent qu’il n’est guère surprenant que la proposition de loi ait obtenu cet accueil de la part des infirmières.

Contraintes économiques

Fortes de leurs deux victoires précédentes, les infirmières ont-elles raison de s’inquiéter ? Pour la FNI, en cette période où la pénurie de certains professionnels de santé et les questions économiques inquiètent si fortement, la réponse pourrait être affirmative. Elle en veut notamment pour preuve que le docteur Gautier, vice président de l’Association Asalée, un projet qui évalue la collaboration et le partage des tâches entre médecins et infirmiers libéraux, ait affirmé que la même expérimentation pourrait être menée avec des aides soignantes. Par ailleurs, la FNI voit d’un mauvais œil le fait que « la CARPIMKO, caisse autonome de retraite réservée aux auxiliaires médicaux, ait été récemment interrogée par le ministère afin d'envisager la possibilité d'affilier les aides-soignants ».

 

A.H.

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Vos réactions (6)

  • Revoir notre systeme de formation

    Le 16 mai 2009

    En tant qu'infirmier et cadre de santé, je comprend le souhait de certaines AS d'etre libéral. Mais je suis convaincu qu'elles n'ont pas les compétences à ce jour au niveau responsabilté pour exercer seules. Le role propre est celui des soins infimiers et il faudrait revoir notre systeme de formation
    initiale. Quand en 30 ans nous avons vu augmenter le temps des études médicales et IDE et que pour les AS rien n'a bougé.

    Monique Forest

  • Travail de sape

    Le 16 mai 2009

    Nous sommes confrontées aux mêmes assauts dans nos institutions de soins à savoir le remplacement de postes infirmiers par des aides-soignantes. Le but ultime étant le même à mon sens à savoir résoudre le problème de la pénurie d'infirmières mais surtout réduire la masse salariale globale. La qualité des soins,la sécurité des patients s'effacent devant la logique économique...Le tout malheureusement avec la bénédiction de certains de nos médecins(pas les plus visionnaires ni les plus responsables à mon avis) qui devraient tout autant que nous se battrent contre ce travail de sape.

    B.H. Infirmière de la fonction publique hospitalière

  • Nursing

    Le 17 mai 2009

    Je ne suis pas d'accord avec vous. Depuis, quand une A.S. n'est pas compétente pour assumer les soins de nursing chez un patient.

    Marie-Pierre Voila

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