Un nouveau traitement pour le syndrome périodique associé à la cryopyrine

Le syndrome périodique associé à la cryopyrine (SPAC ou CAPS en anglais) regroupe plusieurs affections génétiques rares caractérisées par des anomalies des mécanismes de l’inflammation. Ce sont par ordre de gravité croissant, l'urticaire familiale au froid ou syndrome familial auto-inflammatoire au froid (SFAF), le syndrome de Muckle-Wells et le syndrome CINCA (pour Chronic Infantile Neurologic, Cutaneous and Articular syndrome) qui débute en période néonatale. Dans ces 3 entités, le tableau clinique peut associer de façon diverse, des rashs cutanés, une asthénie majeure, des épisodes fébriles, des myalgies, une conjonctivite, des atteintes inflammatoires des articulations, une méningite chronique, une surdité de perception et un retard de développement intellectuel. Ces affections se compliquent dans environ un quart des cas d’une amylose AA potentiellement mortelle.  

Biologiquement on retrouve un syndrome inflammatoire non spécifique sans auto-anticorps.

Le SPAC est associée à des mutations du gène CIAS1 codant pour la cryopyrine qui régule la production d’interleukine-1 bêta et intervient dans le contrôle de l’immunité innée.

Depuis 2 à 3 ans, la compréhension de ces mécanismes a permis de proposer à ces malades un traitement efficace par des antagonistes des récepteurs de l’interleukine-1 (anakinra ou rilonacept). 

Des patients recrutés dans 11 centres répartis dans 5 pays

Une équipe internationale présente aujourd’hui les résultats obtenus avec un nouveau médicament issu du génie génétique, le canakinumab. Il s’agit d’un anticorps monoclonal spécifique de l’interleukine-1 bêta administré par voie sous cutanée toutes les 8 semaines.  

Trente cinq patients recrutés dans 5 pays dont la France ont participé à cette étude. Dans une première phase en ouvert, 34 sujets sur 35 ont bénéficié d’une réponse complète après une dose unique de 150 mg de canakinumab. Trente et un de ces patients sont alors entrés dans un essai randomisé contre placebo de 24 semaines. Les 15 malades sous traitement actif sont demeurés en rémission tandis que sur les 16 patients sous placebo, 13 ont présenté des poussées (p<0,001). Les signes biologiques se sont également amendés sous traitement actif. Dans une dernière phase de l’essai, tous les patients ont pu recevoir le traitement actif.

La tolérance de cette nouvelle molécule est apparue satisfaisante avec cependant un plus grand nombre d’infections sous traitement actif dans la deuxième phase de l’étude.

Le canakinumab est donc un traitement ciblé à visée physiopathologique qui se révèle très efficace dans les SPAC. Il pourrait avoir comme avantage sur les deux anti-interleukine-1 existants, outre sa sélectivité, une meilleure tolérance au point d’injection et une pharmacocinétique permettant une administration toutes les 8 semaines (contre une injection quotidienne ou hebdomadaire).

Une prolongation de la surveillance de ces patients permettra de mieux évaluer l’efficacité et la tolérance à long terme de ce nouveau médicament orphelin.

Compte tenu de l’implication de l’interleukine-1 bêta dans plusieurs autres pathologies nettement plus fréquentes (dont le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrose…), il est probable que nous n’ayons pas fini d’entendre parler de cette nouvelle molécule.

Dr Nicolas Chabert

Référence
Lachmann H et coll. : Use of canakinumab in the Cryopyrin-Associated Periodic Syndrome. N Engl J Med 2009; 360: 2416-2425.

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