Toxoplasmose oculaire : la corticothérapie sans antibiothérapie favoriserait la récidive

Dans le département de Quindio, en Colombie, on recense annuellement 3 nouveaux épisodes de toxoplasmose oculaire pour 100 000 habitants et 5,5 % de la population a des cicatrices choriorétiniennes liées à une toxoplasmose non congénitale (dont un sur 5 a des capacités visuelles réduites). A De la Torre et coll. ont évalué la fréquence des récidives de toxoplasmose oculaire et ont tenté de préciser les facteurs associés à ce risque.

Pour ce faire, ils ont mené une étude transversale, qui a analysé les données des patients adressés par les 12 ophtalmologistes de la région au Centre de référence pour la toxoplasmose de l’université de Quindio entre septembre 2005 et juillet 2008.

Ce travail a inclus 56 patients, indemnes de SIDA, ayant des lésions actives de choriorétinite et/ou des cicatrices hyperpigmentées, et une sérologie toxoplasmique IgG anti-toxoplasme positive, et s’est appuyé sur un indice de récidive établi en prenant en compte le nombre de récidives et le nombre de mois de suivi. 

Chez les 56 patients, les données intéressant les récidives de toxoplasmose oculaire ont été obtenues pour une durée médiane de 8,5 ans (extrêmes : 1-56 ans).

Au sein de cette population, 14 patients (25 %) avaient eu une toxoplasmose congénitale (diagnostiquée au cours de la grossesse ou sur l’existence d’une symptomatologie néonatale), 7 (12,5 %) avaient une toxoplasmose récemment acquise (IgM +, avec adénopathies chez l’un des patients), et chez 35 patients (62,5 %) l’origine était indéterminée.

Quatre-vingts épisodes de récidive ont été dénombrés chez 31 malades (25 patients n’ayant pas eu d’épisodes de récidive).

Le schéma thérapeutique habituel de la toxoplasmose oculaire active non compliquée utilisé dans le centre d’étude associait pyriméthamine et sulfadoxine 5 semaines durant. Dans les formes actives avec uvéite antérieure, prednisolone topique et mydriatiques ont été prescrits également.

Parmi les patients ayant une forme active de la maladie, 4 avaient eu antérieurement des injections sous-conjonctivales de corticoïdes, 5 une antibiothérapie sans corticothérapie générale et 6 une corticothérapie générale sans antibiotiques. Parmi les  patients ayant une forme inactive, les chiffres correspondants étaient respectivement 6, 8 et 0.

L’analyse a montré que le facteur de risque le plus important de récidive était les antécédents de corticothérapie par voie générale sans administration d’antibiotiques ainsi que les antécédents d’injections sous-conjonctivales de corticoïdes.

Ces résultats sont d’interprétation limitée par la petite taille de l’échantillon  et par le fait que seuls 39 épisodes de récidive ont été observés directement mais ils suggèrent l’influence délétère de la corticothérapie sans antibiothérapie.

Dr Julie Perrot

Référence
De la Torre A et coll. Frequency and factors associated with recurrences of ocular toxoplasmosis in a referral center in Colombia. Br J Ophthalmol, Publication en ligne, 7 mai 2009.

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