La toxine botulique, une nouvelle arme contre la neuropathie diabétique

Malgré les progrès dans le contrôle du diabète, la polynévrite reste est une complication du diabète pouvant être relativement invalidante. Si les douleurs des pieds peuvent être améliorées grâce à certains antidépresseurs ou anti-épileptiques et que, dans certains cas, les opioïdes, peuvent être efficaces la prise en charge de ces patients reste difficile. 

La toxine botulique voit croître régulièrement ses domaines d'application. Initialement utilisée dans les pathologies hypertoniques musculaires, elle a ensuite démontré son efficacité dans des pathologies dysautonomiques comme l'hypersalivation ou l'hyperhidrose. Mais cette toxine a d’autres caractéristiques prometteuses puisqu'elle peut aussi inhiber l'hyperactivité des fibres sensitives. Des travaux récents, expérimentaux chez l'animal et cliniques, ont même suggéré un intérêt de cette toxine dans la douleur neuropathique.

Une équipe  taiwanaise vient de publier dans Neurology les résultats d'une étude contre placebo en double aveugle et en cross-over rapportant une efficacité de la toxine botulique chez 18 patients souffrant de neuropathie diabétique douloureuse. Ces malades ont eu une évaluation algique à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) (6,36 /10 en moyenne malgré un traitement par antalgique bien conduit). Ils ont été ensuite randomisés en 2 groupes pour trois mois: toxine botulique en injection intradermique au niveau de la plante des pieds ou placebo. Après trois mois, les patients ont changé de traitement. Le score douloureux  a baissé significativement dans le groupe toxine botulique par rapport au placebo à partir de quatre semaines de traitement (-2,22 vs -0,11) et ce bénéfice s'est maintenu à trois mois (-2,53 vs 0,53). Le taux de réponse (baisse d'au moins trois points sur l'EVA) était de 44,4 % avec la toxine botulique (groupe placebo : 0 %).  Cette amélioration de la douleur a eu un impact sur la qualité du sommeil à 4 semaines de traitement mais celui-ci n'était plus significatif après la période des trois mois de traitement.

Cette étude préliminaire suggère donc que la toxine botulique de type A pourrait constituer une nouvelle option thérapeutique dans la neuropathie diabétique douloureuse en cas d'échec des traitements de première ligne. Il est cependant nécessaire de répliquer cette étude sur une population plus importante et de vérifier l’efficacité au long cours de la toxine avant de conclure formellement.

Dr Christian Geny

Référence
Yuan RY et coll. Botulinum toxin for diabetic neuropathic pain: A randomized double-blind crossover trial. Neurology 2009; 72: 1473-1478.

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