Morbidité et mortalité au long cours dans le lupus érythémateux disséminé

La survie des patients atteints de lupus érythémateux disséminé s’est considérablement améliorée ces dernières années grâce à une meilleure connaissance de la maladie et à des traitements plus performants.

On connaît l’importance du bilan initial dans cette maladie, car l’existence d’une défaillance d’organe précoce préjuge défavorablement de l’évolution de la maladie ; en revanche, chez les patients dont la survie est supérieure à 10 ans, peu de données sont disponibles concernant les causes de morbidité et de mortalité.

Cette étude britannique rétrospective menée en 2006 a colligé 232 dossiers de patients atteints de LED (critères ACR), suivis entre le 1er janvier 1978 et le 31 décembre 2004 au « University Collège London Hospital » , et dont le suivi était supérieur à 10 ans.

Pour chacun de ces patients, le score de chronicité lésionnelle (SLICC/ACR Damage Index : SDI), qui apprécie la morbidité, a été évalué à différentes périodes de la maladie : 1an après le diagnostic puis tous les 5 ans ensuite ; la nature des complications et leur devenir ont été précisés ; les causes de décès et leur date de survenue ont également été répertoriés pour chaque patient décédé en cours d’étude.

Ainsi, il a été constaté  que le SDI était supérieur ou égal à 1 pour :

- 10 % des patients à un an de suivi
- 33 % des patients à 5 ans de suivi
- 51 % des patients à 10 ans de suivi
- 65 % des patients à 20 ans de suivi
- 100 % des patients à 25 ans de suivi

L’origine des complications observées était par ordre décroissant : neuropsychiatrique, musculosquelettique, et rénale.

Concernant la mortalité, les auteurs ont montré qu’il existait un lien statistique direct entre le score de chronicité lésionnel (SDI) et le risque de décès, et ceci, indépendamment de l’âge  des patients lors du diagnostic initial. Quarante-quatre patients sont décédés au cours de la période d’observation dont la durée totale a été de 26 ans et la moyenne de survie chez ceux-ci a été de 16,7 ans ; les causes du décès ont été, par ordre décroissant : infectieuses (11/44 patients), malignes (8/44), liées directement à la maladie (défaillance d’un organe vital) (6/44), ou liées à un accident cardiovasculaire : infarctus du myocarde (4/44), et accident vasculaire cérébral (3/44).

Les conclusions portées à l’issue de cette étude peuvent donc se résumer ainsi : la morbidité initiale constatée lors du diagnostic de LED préjuge de la sévérité ultérieure de la maladie et conditionne la durée de survie chez ces patients dont le suivi a été supérieur a 10 ans.

Dr Cécile Borget

Référence
Chambers SA et coll. : Damage and mortality in a group of British patients with systemic lupus erythematosus followed up for over 10. Rheumatology 2009; 48: 673-675

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