Médicaments mal consommés : des milliards d’euros gaspillés

Paris, le 17 juillet 2009. La France est le plus gros consommateur de médicaments en Europe. Selon un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) de novembre 2007, chaque Français a dépensé 504 euros de médicaments en 2006, soit 40 % de plus que ses voisins européens. Dix ans plus tôt, en 1995, cette dépense s’élevait à 331 euros et à 95 euros seulement en 1980.

Les médicaments prescrits pas tous consommés

Parmi les facteurs qui favorisent cette consommation excessive de médicaments, des prescriptions médicales « trop généreuses ». Selon le rapport, elles excèdent les normes de 30 à 70 %. De plus, 13 % des patients demandent le rajout de médicaments sur leur ordonnance. Selon les entreprises du médicament (Leem), 90 % des consultations médicales se concluent par une ordonnance, contre 43 % aux Pays-Bas.

De plus, le Français consommerait mal ses médicaments. Certains stoppent le traitement au bout de quelques jours parce qu’ils se croient guéris, les médicaments restent alors dans la trousse à pharmacie puis se périment. D’après le rapport de l’IGAS, près d’un médicament remboursé sur 2 ne serait ainsi pas consommé. Or, en 2007, les remboursements ont coûté plus de 21 milliards d'euros à la Caisse nationale d'assurance-maladie, soit 2 % du PIB français. Un vrai gaspillage.

Le rôle des pharmaciens

Le pharmacien est tenu de délivrer les médicaments selon le modèle le plus économique : 3 boites de 5 comprimés plutôt que 2 boites de 10 si 15 comprimés sont à prendre en quelques jours, par exemple. Au Royaume-Uni, il existe même la délivrance de médicaments à l’unité. Ce n’est pas à l’ordre du jour en France même si le conditionnement des médicaments est un débat toujours en cours … mais qui ferait perdre beaucoup d’argent aux compagnies pharmaceutiques.

Pour diminuer l’impact de ce gaspillage, le recyclage humanitaire fut un temps la solution mais il a ses limites : les médicaments envoyés dans les pays en voie de développement par exemple sont parfois altérés voire périmés, ils alimentent souvent les trafics locaux.  Enfin, la notice d’utilisation non traduite était un frein pour une bonne consommation. Un amendement de l’Assemblée Nationale a mis fin à cette pratique depuis le début de l’année. Dès lors, les MNU (Médicaments Non Utilisés) rapportés dans les pharmacies sont systématiquement incinérés. Pas de quoi mettre un terme aux quelques « 2 ou 3 milliards d’euros » gaspillés par an selon l’Uspo (Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officines).

F.B.

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