Le périxaflor au secours du G-CSF dans les échecs de mobilisation de cellules souches hématopoïétiques

L’intensification thérapeutique par chimiothérapie et autogreffe nécessite la collection de cellules souches hématopoïétiques (CSH) par cytaphérèse après mobilisation sanguine, puisque les prélèvements de moelle autologue ne se font quasiment plus. Un seuil minimal de 2x106 cellules CD34+/kg de receveur est nécessaire à une reconstitution hématopoïétique solide et une sortie d’aplasie rapide. Les mobilisations s’effectuent par chimiothérapie + G-CSF ou par G-CSF seul. Certains patients sont en échec de mobilisation pour des raisons diverses (pathologie sous-jacente, type d’agents cytotoxiques reçus, irradiation …), empêchant la procédure d’autogreffe (à moins d’aller à la moelle si une seule autogreffe est prévue !).

Le périxaflor (AMD3100) est un antagoniste de l’interaction CXCR4-SDF-1 ; cette dernière jouant un rôle majeur dans le maintien des CSH dans la niche médullaire.

Les auteurs rapportent leur expérience de rattrapage par G-CSF et périxaflor chez 20 patients atteints de myélomes, lymphomes ou amylose, en échec de mobilisation par chimiothérapie + G-CSF (n=5) ou G-CSF seul (n=15). Ces régimes n’avaient permis la collection que d’une médiane de 0,21x106 CD34+/kg (0-1,8). Les patients ont tous reçus du G-CSF à 10 microgr/kg/j pendant 5 jours et du périxaflor à 240 microgr/kg, 10 à 11h00 avant la cytaphérèse effectuée à J5.

Chez 18 patients, ce traitement a permis une collection suffisante de CSH pour autogreffe avec une collection médiane de 4x106 CD34+/kg (2,5-6,2) chez les patients antérieurement mobilisés par G-CSF + chimiothérapie et de 3,7x106 CD34+/kg (2-7,9), en une médiane de 2 cytaphérèse (1-3). A noter qu’un patient a eu besoin de 2 séances de G-CSF+ périxaflor. Le pic de CD34+ circulantes avait lieu à J5 et les cellules diminuaient ensuite fortement. A J5 lors de la cytaphérèse, le nombre de CD34+ sanguines allait de 3 à 89/microl. La reconstitution après autogreffe était honorable, avec une récupération neutrophile dans les 3 semaines et une récupération plaquettaire plus lente en général en 3 à 4 semaines. Le contenu des cytaphérèses en leucocytes et granuleux, alors que ces paramètres influencent fortement les conditions techniques de décongélation et les événements indésirables éventuels lors de la réinjection du greffon.

Au total les auteurs sont satisfaits de leur expérience. Il faut cependant noter que les tentatives de mobilisation avant G-CSF et périxaflor n’ont pas été nombreuses, peut être par exemple les patients mobilisés par G-CSF seul et en échec auraient-ils mobilisé de manière satisfaisante après chimiothérapie + G-CSF et vice versa. Par ailleurs, il est dommage que l’échec de mobilisation ne soit pas précisément défini : par exemple certains patients ont-ils été initialement exclus de la procédure de cytaphérèse et classés en échec de mobilisation par chimiothérapie + G-CSF parce que leurs plaquettes étaient basses comme cela se voit dans certains centres (alors que l’on peut réaliser les cytaphérèses lorsqu’on transfuse simplement des plaquettes) ? Bref un peu plus de détails aurait été souhaitables.

Dr Delphine Rea

Référence
Fowler CJ et coll. : Rescue from failed growth factor and/or chemotherapy HSC mobilization with G-CSF and perixaflor (AMD3100): an institutional experience. Bone Marrow Transplantation 2009 ; 43 : 907-917.

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