Des similitudes et des différences pour les manifestations neuropsychiatriques du lupus et du Sjögren

Les manifestations psychiatriques sont fréquentes au cours des collagénoses.
Les troubles neuropsychiatriques du lupus érythémateux disséminé (LED) sont bien documentés.
Le neurolupus se caractérise par un grand polymorphisme clinique. Cette complication viscérale grave du  LED touche le système nerveux central et plus rarement le système nerveux périphérique. Les manifestations centrales sont d’origine ischémique souvent liées à la présence d’un anticorps antiphospholipide (accident vasculaire cérébral, accident ischémique transitoire) ou vasculaire  associant troubles mnésiques, cognitifs, comitialité, désordres psychologiques (dépression, anxiété, accès maniaques). Des poly- ou mononeuropathies et des méningites aseptiques sont possibles mais plus rares.
Le LED et le syndrome de Sjögren primitif (SSP) partagent plusieurs mécanismes physiopathologiques et faits cliniques communs, cependant pour le SSP, les manifestations  neuropsychiatriques sont moins bien connues.

Une équipe norvégienne a mené une étude sur 140 malades dont 68 souffraient d’un LED (âge moyen 43,8 ans +/-13,6) répondant aux critères ACR et 72 de SSP (âge moyen de 57,8 ans +/-13).

Les examens cliniques  avec tests standardisés (fonction cognitive, mesure de qualité de vie par le SF 36, évaluation de la fatigue, de l’humeur) ont été réalisés par un médecin interniste ou un neurologue. Plusieurs examens complémentaires ont été effectués : scanner cérébral, IRM cérébrale, électromyogramme,  NFS, ionogramme sanguin, anticorps anti nucléaires, anti DNA natifs, anti RO SSA/SSB, anticardiolipine, fraction C3,C4 du complément.

Les 2 groupes avaient une prévalence similaire de céphalées, de dysfonctionnement cognitif, de troubles de l’humeur, de troubles anxieux. Les maladies cérébrovasculaires étaient plus fréquentes dans le groupe lupus (12 % versus 3 % p=0,049). Les mono ou polyneuropathies étaient plus fréquentes dans le groupe Sjögren primitif (respectivement 8 % vs. 0 % p=0,015 et 56 % vs. 18 % p=0,001).

Les auteurs concluent que les mécanismes physiopathologiques des céphalées et des troubles de l’humeur sont probablement identiques dans les 2 maladies alors que les mécanismes intervenant dans l’apparition des neuropathies et des pathologies cérebrovasculaires sont vraisemblablement dissemblables.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Référence
Harboe E et coll. : Neuropsychiatric syndromes in patients with systemic lupus erythematosus and primary Sjogren syndrome : a comparative population-based study Ann Rheum Dis., 2009; 68:1541-1552

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article