Réarrangement de l’oncogène c-myc dans les lymphomes B à grandes cellules : un facteur de mauvais pronostic ?

Les lymphomes B à grandes cellules (LNH-GCB) représentent un groupe de lymphomes hétérogènes à plusieurs titres. Au plan moléculaire, un réarrangement du gène c-myc est mis en évidence dans 5 à 10 % des cas, sans que des atypies morphologiques ou immunophénotypiques ne fassent forcément évoquer une forme frontière avec le lymphome de Burkitt.

Les auteurs ont voulu ici savoir si un réarrangement de c-myc pouvait avoir un impact pronostic négatif chez les patients atteints de LNH-GCB traités par R-CHOP. Pour cela, ils ont mené une enquête rétrospective chez 137 patients pour lesquels du matériel histologique au diagnostic était disponible et ont recherché un réarrangement de c-myc par FISH. Un réarrangement a été mis en évidence dans 8,8 % des cas (12 patients) et 3 patients étaient également porteurs d’une translocation t(14 ;18). Les patients avec réarrangement de c-myc étaient plus souvent des hommes avec atteinte testiculaire fréquente, mais ils ne se distinguaient pas des autres patients par le stade du lymphome, leur groupe pronostique ou les caractéristiques immunophénotypiques de leur maladie.

La survie globale et la survie sans progression se sont avérées dramatiquement plus courtes chez les patients porteurs de réarrangement de c-myc : 31 et 33 % à 5 ans contre respectivement 72 et 66 % en l’absence de réarrangement de c-myc. Cet impact négatif du réarrangement de c-myc sur la survie semble avoir été confirmé en analyse multivariée.

On aurait bien voulu savoir si le nombre de cures de R-CHOP était le même dans les 2 sous-groupes (mais ces données n’ont pas été précisées), quelles avaient été les causes de décès et quels avaient été les traitements administrés en cas de rechute/progression. On aurait également aimé connaître le taux de réponse et de non réponse au R-CHOP chez les patients avec et sans réarrangement de c-myc. 

Quoi qu’il en soit, les auteurs ont ensuite voulu savoir si le taux de rechute avec atteinte du système nerveux central était plus fréquent en cas de réarrangement de c-myc au diagnostic, sachant qu’aucune prophylaxie neuroméningée n’avait été administrée en complément du R-CHOP. La réponse est positive mais il faut garder à l’esprit que les effectifs sont très faibles : 6 rechutes centrales dont 2 chez les patients avec réarrangement de c-myc et 4 chez les patients sans réarrangement de c-myc. De là à établir un parallèle avec le lymphome de Burkitt …

Malgré les lacunes liées au caractère rétrospectif de cette étude, ces résultats méritent confirmation sur une plus vaste série de patients, car en cas de confirmation, se pose la question d’une chimiothérapie différente dans ce sous-groupe de patients.

Dr Delphine Rea

Référence
Savage KJ et coll. : MYC gene rearrangements are associated with a poor prognosis in diffuse large B-cell lymphoma patients treated with R-CHOP chemotherapy. Blood. 2009 ; 114 : 3533-3537.

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