En cas d’inefficacité ou d’effets secondaires, y a-t-il un intérêt à « switcher » pour un autre anti-TNF alpha dans la PR ?

Le développement des anti-TNF alpha a révolutionné le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) et comme l’ont montré plusieurs essais contrôlés et randomisés et des études observationnelles, il est désormais possible d’obtenir une rémission de la maladie en utilisant des molécules appartenant à cette classe thérapeutique. Cependant, près d’un tiers des patients atteints de PR ne répondent pas de façon optimale (et/ou ne tolèrent pas bien) la molécule prescrite. Dans ce cas, il est tout à fait envisageable de switcher vers un autre anti-TNF alpha.  Qu’en est-il alors de l’efficacité de ce second anti-TNF alpha prescrit après arrêt du premier ? Une méta-analyse réalisée par A. Remy et coll. permet de répondre à cette question.

A partir des données de Medline, Embase et Cochrane, colligées jusqu’en décembre 2008, et des abstracts des congrès de l’ACR et de l’EULAR 2007/2008, les auteurs ont, dans un premier temps, identifié 194 articles dans lesquels des études rétrospectives, prospectives ou contrôlées randomisées avaient tenté d’évaluer l’efficacité du switch de deux anti-TNF alpha. Puis 32 études incluant un total de 4 424 patients ont été sélectionnées. Dans 18 de ces études (1 826 patients), l’anti-TNF alpha prescrit en première intention avait été interrompu en raison d’un manque d’efficacité et dans dix d’entre elles (864 patients), l’arrêt du traitement était dû aux effets secondaires.

Après le switch

Les taux de répondeurs ACR 20, 50 et 70 dans le groupe des patients ayant switché vers un second anti-TNF alpha en raison d’un manque d’efficacité était respectivement de 0,55 (intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,47 à 0,63), 0,29 (IC95 de 0,24 à 0,34) et 0,12 (IC05 de 0,09 à 0,16), et le taux de répondeurs selon les critères de l’EULAR était de 0,79 (IC95 de 0,60 à 0,93).

Dans le groupe de ceux ayant switché à cause des effets secondaires, les chiffres correspondants étaient respectivement de 0,62 (IC95 de 0,57 à 0,67), 0,43 (IC95 de 0,32 à 0,53) et 0,20 (IC95 de 0,09 à 0,32), et le taux de répondeurs selon les critères de l’EULAR était de 0,78 (IC95 de 0,50 à 0,96).

Cette méta-analyse suggère que le switch d’un anti-TNF vers un autre en cas d’inefficacité ou d’effets indésirables représente un choix pertinent d’un point de vue clinique. L’efficacité du second anti-TNF semble d’autant meilleure que la première molécule avait été interrompue à cause de la survenue d’effets secondaires.

Dr Isabelle Birden

Référence
Remy A et coll. : Clinical pertinence of the switch to a second TNF inhibitor after failure of a first one in rheumatoid arthritis : a systematic literature review and meta-analysis. Ann Rheum Dis 2009 ; 68 (suppl3) : 230.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article