Hypertension artérielle pulmonaire dans le lupus : des facteurs de risque… au traitement ?

L’hypertension  artérielle pulmonaire est associée à une dégradation rapide de l’état de santé des patients atteints de lupus érythémateux disséminé ; sa présence entache le pronostic vital, tout particulièrement chez les patientes en état de gestation. Or, la prévalence de l’hypertension artérielle pulmonaire dans cette affection est mal connue.
D’où l’intérêt de ce travail qui s’est intéressé à ce problème en tentant de préciser au mieux la prévalence et d’identifier les facteurs de risque de survenue de cette complication grave.

Il s’agit d’une étude transversale, prospective, menée a Birmingham chez 288 patients atteints de lupus érythémateux systémique. Une échographie trans-thoracique de repos a été effectuée afin d’évaluer la pression artérielle pulmonaire, la fonction et la morphologie cardiaque.
L’hypertension artérielle pulmonaire a été définie par l’existence d’une pression systolique supérieure à 30 mmHg.

Pour chaque patient a été pris en compte la présence de facteurs de risque tels que : maladie pulmonaire préexistante, atteinte des muscles respiratoires, présence d’anticorps, tabagisme, et syndrome des antiphospholipides.

Deux cent quatre-vingt huit patients ont accepté de participer à l’étude, mais les données n’étaient exploitables que pour 283 d’entre eux. Parmi ceux-ci, 12 étaient atteints d’une hypertension artérielle pulmonaire (>30 mmHg) ; les mesures extrêmes allant de 31 à 59 mmHg. Trois patients présentaient une hypertension artérielle pulmonaire supérieure à 40 mmHg. Le seul facteur de risque statistiquement significatif identifié dans ce sous groupe a été la présence d’anticorps de type lupique (p=0,005).

Pour conclure, la prévalence de l’hypertension artérielle pulmonaire dans cette cohorte de patients atteints de lupus érythémateux disséminé a donc été établie à 4,2 %. Pour la plupart de ces patients, l’hypertension artérielle pulmonaire constatée était modérément sévère, car restant inférieure à 40 mmHg. Le seul facteur de risque identifié a été d’ordre immunologique : présence d’anticorps de type lupique et/ou de syndrome des antiphospholipides. Cette constatation suggère que le mécanisme en cause dans la genèse de cette hypertension artérielle pulmonaire est d’ordre thromboembolique. Ce qui a un intérêt pratique en matière de prévention dans la mesure où des traitements existent pour limiter le risque embolique lié à de tels désordres immunologiques.

Dr Cécile Borget

Référence
Athiveeraramapandian P et coll. : Prevalence and risk factors for pulmonary arterial hypertension in patients with lupus ; Rheumatology 2009 ; 48 : 1506-1511.

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