Affaire des bébés sans bras : la parabole du tireur Texan ?

Interview de Catherine Hill, épidémiologiste, Paris

La mise en évidence de possibles agrégats de cas d’agénésies transverses des membres supérieurs a suscité sans surprise émotion et questionnements.

Mais, comme souvent, une lecture rationnelle de la situation a été rendue difficile par certaines déclarations orientées et sans nuance.

Pour éclairer ce phénomène d’une lumière scientifique, le JIM a rencontré l’épidémiologiste Catherine Hill.

Elle nous permet, en s'appuyant sur la parabole du tireur Texan qui tire d'abord puis dessine la cible, de mieux appréhender une affaire qui a défrayé la chronique.

Réagir

Vos réactions (10)

  • Cela rappelle l'époque moyenâgeuse

    Le 25 mai 2019

    En fait, ces cas dramatiques pour les familles nous révèlent que sans preuve, on ameute la population et les médias qui ne demandent que ça, en désignant un coupable irréfutable. Cela rappelle l'époque moyenâgeuse où une partie de la population était désignée et condamnée par la rumeur.

    Dr Marc Lemire

  • Merci...

    Le 26 mai 2019

    ...de nous faire entendre la merveilleuse Catherine Hill.
    Statistiquement, les cas comme elle sont malheureusement bien trop rares pour qu'on puisse en tirer la moindre espérance concernant la nature humaine...

    Dr Pierre Rimbaud

  • Une vraie explication

    Le 30 mai 2019

    Merci Dr Hill !
    Enfin des specialistes qui analysent les faits avec un esprit scientifiques.
    Malheureusement freiner une polémique médiatique de santé est chose hardie.

    Alexandre Guichard

  • Une saine controverse scientifique se fait toujours attendre

    Le 30 mai 2019

    Catherine Hill est certainement une épidémiologiste de renom. Pourtant, on aurait aimé qu'elle participe à une honnête controverse scientifique sans disqualifier les opinions contraires à la sienne. La question centrale est celle de la reconnaissance d'un agrégat éventuel.

    La validité ou non du regroupement spatial proposé par Remara est bien rapidement évacuée par Catherine Hill qui ne prend pas la peine de se pencher sur le logiciel utilisé qu'elle reconnait d'ailleurs ne pas connaître. L'absence de tout débat sérieux entre statisticiens est la marque de cette affaire. Santé Publique France n'a jamais pris la peine de discuter de la méthodologie de Réméra et s'est contenté de regarder la "significativité statistique" de cas uniques dans des petites communes ... toutes mitoyennes. Penser que le regroupement selon l'arbitraire des frontières communales est plus pertinent que celui opéré par une méthodologie dédiée, mais non débattue, est une démarche scientifique pour le moins curieuse. Le lecteur jugera du sérieux ou non de Remera en lisant ses rapports: https://www.remera.fr/wp-content/uploads/2018/07/Rapport-clustering-spatio-temporel-V6-sans-annexe.pdf

    Très clairement, si Catherine Hill et Santé Publique France avaient débattu avec Réméra sans les disqualifier, on aurait évité une polémique médiatique et une injonction ministérielle.
    Après, l'enquête étiologique a probablement peu de chance d'aboutir avec une si faible puissance statistique. Mais on aurait pu expliquer tout cela sereinement sans prendre les gens pour des imbéciles, défaut bien français qui sape la confiance dans tout notre système d'expertise.

    Dr Yves Hatchuel

  • Loin des sirènes médiatiques

    Le 31 mai 2019

    Catherine Hill analyse avec lucidité le problème du choix du "dénominateur" dans la détermination du RR. On ne trouve évidemment pas de significativité au cluster et ce pour la raison de la rareté (n=7) des découvertes dans l'Ain et le Morbihan des anomalies. En plus on a quelques idées de la période pré-natale où se développerait cette anomalie. L'exposition(à un toxique) est complètement aléatoire entre les différentes grossesses.
    Merci à CH de nous permettre de juger sainement sans nous préoccuper des sirènes médiatiques

    Dr Etienne Varlan

  • Bébés sans bras à l'ombre d'un même château d'eau ?

    Le 04 juin 2019

    Une hypothèse digne d’être vérifiée est de savoir si les mères au début de leur grossesse d’enfant malformé buvaient l’eau provenant d’un même château d’eau.

    La démarche scientifique consiste à tester des hypothèses et non à sourire devant ceux qui continuent à chercher la cause d'un vrai problème. Il est facile de critiquer les médias jusqu’à un certain point (le média a tort…).

    Dr Jacques Beau

  • Déçue par cette vidéo

    Le 10 juin 2019

    Médecin et mère d'un enfant né en 1971 avec cette anomalie à Paris 14 (il y avait eu 3 naissances la même semaine !). Malgré tous les examens pratiqués à l'époque, je reste sans réponse.

    Dr R.

  • Exemple italien

    Le 12 juin 2019

    En Italie, à Taranto, 600 naissances avec malformations sur une dizaine d'années. Une usine Arcelor-Mittal dans les environs....

    Serge Rader

  • Un cas personnel dans l'Ain

    Le 22 août 2019

    Merci Dr Hill pour ces propos réalistes et raisonnables!
    Je suis moi-même née il y a 60 ans, en 1959 avec une agénésie du bras gauche, dans l'Ain!
    Mais ma famille était une famille de petits paysans qui n'avaient jamais utilisé le moindre pesticide, et n'avaient pas de linoleum chez eux!

    On mangeait et buvait "bio" chez eux!
    Je n'ai jamais été contactée pour faire partie d'un registre quelconque... Et cette histoire de "registres" qui "s'engueulent" entre eux est franchement déplorable!

    Ce sujet beaucoup trop franco-français (et même régions contre parisiens!) mériterait une vision plus internationale et historique. Les bébés sans bras n'ont pas débuté au XXIème siècle, ni même au XXème siècle et ce problème survient dans le monde entier!

    Dr AM

  • Question à Catherine Hill

    Le 27 août 2019

    Merci pour vos explications. Puisque des catégories spatiales et temporelles ont été faites, a-t-on testé la loi de Poisson ?

    Dr Patrick Grimont

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.