Biothérapie du psoriasis : attention aux lymphomes qui s’ignorent

Deux lettres publiées dans les Archives of Dermatology nous rappellent le risque potentiel de voir des lymphomes cutanés s’aggraver sous le coup de biothérapies prescrites pour des dermatoses probablement étiquetées à tort psoriasis.

La 1ère observation est celle d’un homme de 32 ans qui présentait une dermatose prurigineuse évoluant depuis 2 ans et qui a été considérée comme un psoriasis. Des traitements topiques puis un traitement par efalizumab ont été instaurés et arrêtés au bout de 4 mois sans succès. Dans les mois qui ont suivi, on a vu apparaitre un tableau typique de mycosis fongoïde tumoral associant un érythème généralisé et des tumeurs multiples du tronc. L’histologie a confirmé le diagnostic de mycosis fongoïde et l’évolution n’a été que partiellement favorable sous une chimiothérapie de type CHOP suivi  d’un traitement par bexarotène.

L’autre observation concerne un homme de 47 ans, là encore traité pour un « psoriasis », par anti-TNF (étanercept) à la dose de 50 mg, 2 fois par semaine. Sous ce traitement, on a observé une modification de sa dermatose avec l’apparition de plaques tumorales, d’une alopécie et d’ulcérations, en particulier, au niveau du scalp. L’histologie a démontré qu’il s’agissait en fait d’un mycosis fongoïde et là encore la chronologie a fait suspecter que l’aggravation était liée au traitement par biothérapie.

Ces observations permettent de souligner à nouveau le risque qu’il y a à traiter des patients, pour lesquels le diagnostic de psoriasis n’est pas avéré, par des traitements immunosuppresseurs pouvant aggraver une pathologie lymphomateuse jusque-là non diagnostiquée.

Dr Patrice Plantin

Références
Hernandez C et coll. : Progression of undiagnosed cutaneous T-cell lymphoma during efalizumab therapy. Arch Dermatol 2009; 145: 92-94
Lafaille P et coll. : Exacerbation of undiagnosed mycosis fungoïde during treatment with etanercerpt. Arch Dermatol 2009;145:94-5

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