Cancer du rein métastasé : des traitements plus ciblés

Le cancer du rein métastasé (KRM) est d’un sombre pronostic et les traitements immunologiques à base d’interféron-α (IFN-α) et interleukine (IL-2) décevants.
On a récemment mis en évidence, dans les cancers du rein (KR), l’existence de facteurs de croissance endothéliaux vasculaires (VEGF) et de facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PDGF). C’est contre ces protéines que de nouvelles molécules ont été développées depuis peu.

Le bevacizumab est ainsi un anticorps qui se fixe sur le VEGF, et l’empêche de se lier à ses récepteurs (VEGFR), ce qui réduit la vascularisation de la tumeur (effet anti-angiogenèse) et donc la croissance du KR.  Associé à l’IFN-α, il s’est avéré plus efficace que ce dernier isolé, mais au prix d’effets indésirables (asthénie) obligeant à interrompre le traitement dans 28 % des cas.

Le sorafénib est un inhibiteur multikinase qui bloque à la fois les sérine-thréonine kinases et les récepteurs tyrosine-kinases VEGFR et  PDGFR (récepteurs de PDGF). Son effet anti-tumoral s’est avéré supérieur à celui du placebo, et comparable à celui de l’IFN-α, mais avec des effets secondaires : diarrhée, syndromes main-pied et grande fatigue, expliquée par une hypothyroïdie (1/3 des cas). Le taux de réponses (partielles) au sorafénib utilisé en seconde ligne contre le KRM a été de 12 %.

Le sunitinib est un autre inhibiteur multikinase. Dans un essai contrôlé le taux de réponses (partielles) en 1ère ligne a été de 37 % vs 9 % pour l’IFN-α, mais l’asthénie (par hypothyroïdie) et la diarrhée ont obéré la faible augmentation (4 mois) de la durée de vie gagnée. Il existait de plus une toxicité cardiaque (infarctus du myocarde, hypertension artérielle). Un traitement séquentiel, utilisant le sorafénib en 1ère ligne et le sunitinib en 2ème  ligne, a été tenté avec un taux de réponses de 15 %.

Le temsirolimus est un inhibiteur sélectif de la protéine mTOR (cible de la rapamycine chez les mammifères) qui stoppe au stade G1 la croissance des cellules tumorales. Chez des malades porteurs de KRM à haut risque, ce produit en association avec l’IFN-α a obtenu 11 % de réponses (vs 7 % pour l’IFN-α seul) mais l’asthénie ou l’anémie ont obligé d’interrompre le traitement ou d’en réduire la posologie dans 30 % des cas.
La plupart des sociétés savantes d’urologie à travers le monde recommandent une ou plusieurs de ces drogues dans le KRM, au lieu de l’IFN-α et de l’IL-2 qui étaient naguère préconisés.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Mizutani Y : Recent advances in molecular targeted therapy for metastatic renal cell carcinoma. Int J Urol., 2009;16:444-8.

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