Cancer du sein : le cadmium suspecté

L’agence de protection environnementale américaine a identifié le cadmium (Cd) comme une substance probablement impliquée dans la carcinogenèse humaine, l’effet carcinogène chez l’animal ayant déjà été démontré. Les sources principales d’exposition sont représentées par l’alimentation et le tabac et  il semble que le Cd se lie préférentiellement aux récepteurs des estrogènes.

Une étude cas-témoins a comparé 246 femmes, âgées de 20 à 69 ans, atteintes de cancer du sein (KS) à 246 femmes appariées par âge mais sans KS. Le taux de Cd dans les urines (qui témoigne d’une intoxication ancienne par rétention de ce métal) a été mesuré chez toutes par spectrométrie de masse, cependant que des entretiens téléphoniques ont permis d’appréhender les risques connus de KS (antécédents familiaux, facteurs alimentaires, parité, taille, poids, contraception orale, traitements hormonaux substitutifs etc.).

Les femmes porteuses de KS avaient eu en moyenne une première grossesse plus tardive, davantage d’antécédents familiaux de KS, moins d’enfants, plus de revenus, et étaient plus souvent célibataires que les femmes du groupe témoin. On a calculé les risques de KS en fonction du taux de Cd ajusté sur la créatinine. Il en ressort que les femmes dont le taux de Cd se situe dans le quartile le plus élevé (≥ 0,58 µg/g) ont un risque de KS double de celui des femmes dont ce taux se situe dans le quartile le plus bas (< 0,26µg/g), et que le risque croît proportionnellement au taux de Cd, ceci après ajustement de tous les autres facteurs de risque (âge, parité, âge à la première grossesse, consommation d’alcool, de tabac, etc.). Chaque augmentation de 0,1µg/g du taux de Cd se traduit par une élévation de 8 % du risque de KS. Si l’on admet que l’incidence totale du KS est de 124/100 000, l’exposition au Cd pourrait induire 45 tumeurs, sans toutefois que l’on puisse affirmer qu’il s’agit d’un facteur étiologique, cette augmentation du Cd pouvant être également une conséquence des traitements proposés, encore que la chimiothérapie n’entraîne pas une augmentation du taux de Cd majorée par rapport à la chirurgie ou à la radiothérapie isolées.

Il n’a par ailleurs pas pu être mis évidence de lien de causalité entre l’ingestion habituelle d’aliments riches en Cd (conserves de poisson, foie, rognons, crustacés) et la survenue de cancers du sein.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Mc Elroy JA et coll. : “Cadmium exposure and breast cancer risk.”
J National Cancer Institute 2006 ; 98 : 869-73.

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