Contre l’HTA, merci mon chien

La mise au point 2013 de l’American Heart Association avait suggéré que le fait d’avoir un animal domestique, et plus particulièrement un chien, était probablement associé à une diminution du risque cardiovasculaire. En effet, la présence de l’animal favorise l’augmentation de l’activité physique, les rapports sociaux et améliore le pronostic au décours d’un événement cardiovasculaire majeur.

Partant de cette déclaration, Krittanawong et coll. ont émis l’hypothèse selon laquelle, au sein de la population générale des Etats-Unis, les propriétaires d’animaux domestiques seraient à moindre risque d’avoir une maladie cardiovasculaire.

Pour tenter de vérifier cette hypothèse, ils ont utilisé les données de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (National Health and Nutrition Examination Survey) menée entre 1 999 et 2 016. Ils ont pu ainsi identifier tous les patients qui avaient une insuffisance cardiaque, une maladie coronaire, une hypertension artérielle (HTA), un diabète ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Ils ont ensuite interrogé 10 905 des 42 038 (31%) participants à l’enquête pour savoir s’ils avaient un animal domestique.

Des analyses multivariées ont été réalisées afin d’ajuster les données en fonction d’une série de facteurs démographiques, à savoir : âge, genre, statut marital, niveau d’études, comorbidités, tabagisme, revenus de la famille, nombre d’heures de travail, nombre d’heures de sommeil, état dépressif, profil lipidique.

Prévalence moindre de l’HTA parmi les propriétaires de chien et chat

Comparés aux personnes qui n’avaient pas d’animaux domestiques, celles qui en avaient, étaient plus âgées ; il s’agissait plus souvent de femmes, veufs, de Blancs, de fumeurs ; elles avaient un meilleur niveau d’études et travaillaient plus de 35 heures par semaine (tous p < 0,05).

Toujours par rapport aux personnes sans animaux domestiques, ceux qui en possédaient avaient un taux d’hémoglobine plus élevé, un taux plus bas de LDL-C (low-density lipoprotein cholesterol), une moindre prévalence d’HTA, diabète ou accident vasculaire cérébral (tous p < 0,05).

Après ajustement pour d’éventuels facteurs confondants, le fait d’avoir un chien ou un chat est apparu associé de façon indépendante à une plus faible prévalence d’HTA (odds ratio 0,67 ; intervalle de confiance 95 % : 0,49 à 0,89; p = 0,01) mais n’a pas modifié la prévalence de l’insuffisance cardiaque, de la maladie coronaire, du diabète et de l’AVC.

Ainsi, selon les données d’une vaste base nationale de données aux Etats-Unis, la possession d’un animal de compagnie est associée à une diminution de la prévalence de l’HTA. Des études longitudinales seront nécessaires pour savoir avec certitude si le fait d’avoir un animal domestique a ou non un effet protecteur chez les patients qui ont une maladie cardiovasculaire.

Dr Robert Haïat

Référence
Krittanawong C et coll. : Pet Ownership and Cardiovascular Health in the US General Population. Am J Cardiol., 2020 ; 125 : 1158-1161.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Aboiements et HTA

    Le 25 mai 2020

    Les particuliers sans chien ont donc plus d'HTA que les propriétaires de chiens. Peut-on inverser les conclusions ? A-t-on en effet étudié l'effet des aboiements intempestifs des chiens sur la TA voisins qui n'ont pas de chiens ?

    Dr Gilbert Bouteiller

Réagir à cet article