Covid-19 en France : un point épidémiologique contrasté

Paris le 31 juillet 2020 - Où en sommes-nous de l’épidémie de Covid-19 ? Alors que le mois de juillet a été marqué par le retour d’une certaine inquiétude, le point épidémiologique de Santé Publique France en date du 30 juillet nous permet de dresser un tableau complet de la situation sanitaire en France.

Des chiffres en hausse, d’autres en baisse

Les indicateurs hebdomadaires de la semaine 30 témoignent d’une certaine augmentation de la circulation du virus. Ainsi, 6 407 cas confirmés de Covid-19 ont été recensés entre le 20 et 26 juillet (contre 4 446 la semaine précédente). On note aussi une hausse du taux de positivité des tests PCR (1,4 % contre 1,2).

L’augmentation des cas semble se refléter sur le terrain des hospitalisations : 749 pour la semaine 30 contre 604 pour la semaine précédente. Au total, 85 patients sont entrés en réanimation, contre 83 la semaine précédente.

Dans le même temps, on note une baisse significative du nombre d’actes de SOS Médecins pour suspicion de Covid (2 384 contre 3 165). Il s’agit de la première baisse après quatre semaines consécutives d’augmentation. Une baisse observée partout en France, sauf en Corse.

Des patients plus jeunes, la Mayenne au cœur des préoccupations

On notera qu’au niveau national, 457 971 sujets ont été testés par RT-PCR. Un nombre de dépistage hebdomadaire en hausse. En semaine 30, le nombre de cas a augmenté dans l’ensemble des classes d’âge. Toutefois, l’augmentation est plus importante chez les 15-44 ans. Une augmentation qui « ne s’explique pas que du fait de l’augmentation des dépistages ».

SPF signale que 19 départements présentent un taux d’incidence supérieur à 10/100 000 habitants sur la semaine écoulée. La Mayenne reste à un niveau de vulnérabilité jugé élevé (143/100 000). Les clusters, eux, suivent une augmentation constante depuis le début du mois de juillet. Enfin la Guyane et Mayotte restent en vulnérabilité « élevée ».

Baisse de vigilance ?

Autre indicateur important pour envisager l’avenir : le public continue-t-il d’adopter les gestes barrières ?

Un point positif : il semble que le masque soit désormais adopté par la majorité de la population. Depuis le décret du gouvernement le rendant obligatoire dans les lieux publics clos, 61 % des français indiquent désormais porter le masque contre 49 % la semaine précédente.

Mais cette mesure s’accompagne d’un relâchement généralisé dans d’autres domaines. Désormais, seulement 68 % des français indiquent avoir renoncé à la bise, à la poignée de mains et aux embrassades. Ils étaient 92 % début avril et encore 83 % au début du mois de juin.

Quel bilan pour SPF ?

Cette baisse de vigilance semble être à l’origine de nouveaux clusters. D’après SPF, 25 % des foyers en cours d’investigation concernaient le milieu familial élargi et les évènements publics/privés (rassemblements temporaires de personnes).

Le diagnostic est plutôt inquiétant : « sans augmentation dans l’application des gestes barrière et de distanciation, il est attendu que le nombre de ce type de clusters augmente au cours de la période estivale ». Les autorités rappellent « la nécessaire implication de toute la population aux mesures de prévention ». SPF constate une certaine « lassitude » (bien compréhensible) de la population envers les messages de prévention…

Un dernier indicateur, optimiste, mérite d’être souligné : la santé mentale des Français, dégradée en début de confinement, s’est depuis significativement améliorée. L’indicateur de « satisfaction de vie actuelle » est passé de 66,3 fin mars à 79,9.

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Immunité de groupe ?

    Le 02 août 2020

    La RT-PCR, c'est très bien pour trouver un virus présent. Mais qu'en est-il des sujets ayant été soit peu malades (j'en suis) ou seulement contaminés sans incidence clinique, et dont les lymphocytes T sont sensibilisés, et qui sont donc protégés. Quel pourcentage représentent-ils ? C'est le seul pourcentage intéressant qui permet de savoir si le système hospitalier matraqué depuis des années peut accepter des nouveaux malades.

    Dr Louis-Claude Le Gueult

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