Covid-19 : les décès ont augmenté de 50 % en Europe entre fin mars et début avril

Paris, le jeudi 30 juillet 2020 - Quelle surmortalité liée à la crise du Coronavirus en France et en Europe ? C’est à cette question que l’Insee tente de répondre dans une note rendue publique le 29 juillet. Pour livrer leur analyse, les statisticiens se sont reposées sur les données hebdomadaires de décès transmises par les États européens à l’organisme Eurostat. Les chiffres permettent d’opérer un travail de mise en perspective sur l’impact du Covid-19 à l’échelle du continent.

France et Europe : deux dynamiques similaires

Premier enseignement, l’écart entre les décès toutes causes confondues survenus durant les 4 premiers mois de l’année 2020 et en moyenne pour la même période en 2016-2019 a suivi une dynamique similaire en France et dans 21 pays d’Europe considérés dans leur ensemble.

En raison d’un épisode de grippe saisonnière moins violent que les années précédentes, les premières semaines de l’année 2020 ont été marquée par une mortalité inférieure à celle enregistrée sur la moyenne 2016-2019.

Toutefois, alors que celle-ci diminue généralement début mars, la mortalité a connu une hausse continue durant tout le mois pour atteindre un pic (en France comme en Europe) autour de la semaine du 30 mars.

Lors de la semaine du 30 mars, le surcroît de mortalité a approché 50 %. Il a dépassé 60 % en France, 155 % en Espagne, 91 % en Belgique et 67 % en Italie (pays qui engageait sa décrue).

Faut-il comparer par Etats ou par régions ?

On le savait déjà, mais les données confirment que le niveau de surmortalité a été très différencié selon les pays européens. Entre le 2 mars et le 26 avril, 84 % de la surmortalité observée dans les 21 pays d’Europe considérés est attribuable à l’Espagne, à l’Italie et à la France. Surmortalité considérable comparée à celle de l’Allemagne et des pays d’Europe centrale (même si la Roumanie et la Serbie semblent désormais connaitre un pic épidémique).

En réalité, c’est à l’échelle des régions que l’on peut observer l’importance de cette surmortalité. Si les départements du Haut-Rhin, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et du Val-d’Oise ont connu une surmortalité importante, les départements de l’Atlantique ont connu une baisse de la mortalité par rapport aux années précédentes.

Surmortalité chez les hommes et les personnes âgées

Autre élément peu surprenant : la surmortalité semble avoir touché tout d’abord les personnes les plus vulnérables face au nouveau coronavirus, à savoir les hommes et les personnes âgées.

Pour la période du 2 mars au 26 avril 2020 les décès européens supplémentaires ont un peu plus touché les hommes que les femmes (respectivement + 7 % et + 3 % d’écart sur l’ensemble de la période). Une tendance moins marquée en France : si en mars, l’excès de mortalité semble avoir principalement touché les hommes, il affecte d’avantage les femmes au mois d’avril. Un surcroît de mortalité qui touche davantage les personnes de 50 ans ou plus, tant en France qu’en Europe.

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Peu de sens

    Le 31 juillet 2020

    Cette information n’a aucun sens. Rappelez-vous l’année de la canicule quand on a compté les morts à la fin de l’année il y en avait pas plus que l’année précédente.

    Dr Dominique Robine

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