COVID-19 : point de l’OMS le 28 mars 2020

Avec ses antécédents de médecin urgentiste et d'interniste à San Francisco (Etats-Unis), le Dr Victoria-Janet Diaz était bien préparée pour devenir responsable de projet Covid-19 au sein du département des maladies infectieuses à l'OMS. Après un état des lieux sur la pandémie mondiale, évoqué les connaissances acquises sur la maladie Covid-19, elle a brossé un tableau permettant aux pays non encore atteints de se préparer sans tarder, en termes d'organisation sanitaire, de management, de logistique et de communication auprès des populations. De nombreux référentiels spécifiques sont disponibles sur le site de l'OMS.

L'OMS met en place des plateformes d'échanges d'information. En renseignant la « WHO Global COVID-19 Clinical Data Platform » avec les données cliniques de tous les malades hospitalisés pour Covid-19, on avancera à grand pas sur l'histoire naturelle de maladie (contacter EDCARN@who.int). Des outils pour colliger les paramètres biologiques peuvent être trouvés sur le site de l'ISARIC (International Severe Acute Respiratory and Emerging Infection) (https://isaric.tghn.org).

Au plan thérapeutique, il n'y a pas d'argument assez solide aujourd'hui pour recommander un traitement spécifique pour les cas de COVID-19 confirmés. L'OMS s'implique depuis le début de l'année pour stimuler et coordonner la recherche, avec le colloque « Global Covid-19 Research Summit » (janvier 2020) et le site internet WHO R&D Blueprint qui collige les priorités. Plus de 300 essais cliniques sont en cours dans le monde, notamment sur des antiviraux. L'OMS demande instamment d'évaluer tous les traitements au moyen d'essais cliniques contrôlés randomisés, approuvés par les Autorités de santé. Si besoin, on peut trouver un référentiel pour les essais clinique et les protocoles de soins dans le cadre de la Covid-19 à l'adresse suivante :
(https://www.who.int/blueprint/priority-diseases/key-action/multicenter-adaptive-RCT-of- investigational-therapeutics-for-COVID-19.pdf?ua=1).

Certains médicaments insuffisamment évalués, y compris des « médecines alternatives » sont parfois utilisés chez ces malades ; mais on a trop peu de données sur leurs effets indésirables dans cette pathologie, et leur utilisation pourrait impacter fortement l'approvisionnement des malades souffrant de pathologies pour lesquels ils sont indiqués. Dans les régions du monde où ces traitements sont testés pour la Covid-19, et en attendant l'opportunité d'intégrer un essai clinique validé, l'OMS propose le protocole MEURI (Monitored Emergency Use of Unregistred Interventions) à condition que les patients aient donné leur consentement éclairé, qu'un groupe d'experts en éthique ait donné son accord, et que toutes les données soient strictement collectées et analysées.

De son côté, l'OMS a initié un essai clinique randomisé contrôlé de grande envergure intitulé SOLIDARITY comparant la choloquine ou hydroxychloroquine et des antiviraux : le remdesivir et l'association lopinavir/ritonavir associée ou non à l'interferon bêta (immunomodulateur).

Chaque patient est inclus dans un groupe recevant l'un de ces traitements, ou un groupe « traitement standard » (tel que l'oxygénothérapie). Plus de 45 pays contribuent à cette étude, dont la France. Les premiers patients ont été enrôlés le 27 mars.

Espérons que la solidarité que l'on peut observer à petite échelle dans les pays touchés, se retrouvera au niveau mondial pour faire gagner la bataille totale contre le virus SRAS-cov2.

Véronique Canac

Référence
Diaz JV (OMS) : World updates on the pandemic. Congrès exceptionnel de l’ESICM (European Society of Intensive Care Medicine du 28 mars 2020 de 14 h à 20 h 45 non-stop (heure de Paris).

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