Covid 19, sexe, hormones et immunité

Si le genre du, ou de la, Covid 19 reste discuté, sa sévérité, elle, a choisi le sexe masculin.

Aux USA, en septembre dernier, le CDC avait rapporté que 51,8 % des personnes infectées étaient des femmes et 48,2 % étaient des hommes, mais, malgré cette plus grande susceptibilité des femmes à l’infection, la mortalité était plus importante pour les hommes (54 %) que pour les femmes (46 %). De nombreux pays ont ainsi signalé des taux d'infection supérieurs chez les femmes mais une mortalité plus élevée chez les hommes, le ratio de mortalité homme/femme liée à la Covid 19 variant de 1,01 à 3,84.

Les différences sexuelles de l'infection par le SARS-CoV-2 ne concernent pas seulement l'incidence et la mortalité, mais sont aussi observées au niveau cellulaire. Le virus pénètre dans la cellule en arrimant sa protéine de surface Spike (protéine S) à l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE 2), qui se comporte comme un récepteur. Pour agir, la protéine S du virus doit aussi être activée par une enzyme cellulaire, la protéase à sérine transmembranaire de type 2 (TMPRSS 2). Les niveaux d'expression de l'ACE 2 sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes, et le TMPRSS 2 est une protéase transmembranaire régulée par les androgènes. Ces deux récepteurs sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.

Au delà de ses préférences sexuelles, le SARS-CoV-2 toucherait d'avantage certaines populations de femmes : les femmes enceintes, les femmes ménopausées, et les femmes atteintes d'un syndrome des ovaires polykystiques (SPOK).

Hommes, femmes enceintes, ménopausées, et avec SOPK, même combat ?

Aux USA, en juin 2020, le CDC (Centers for Disease Control) rapportait que la Covid 19 touchant des femmes enceintes conduisait plus fréquemment à l’hospitalisation en unité de soins intensifs, mais pas à une augmentation de la mortalité. Les modifications de la fonction respiratoire et de la fonction immunitaire chez la femme enceinte sont des facteurs d'aggravation du Covid 19. Mais durant la grossesse, la progestérone exercerait un effet anti-inflammatoire en diminuant les cytokines pro-inflammatoires et en augmentant les cytokines anti-inflammatoires. Ce serait surtout lors du post-partum, lors de la chute des sécrétions de progestérone, que la Covid 19 serait plus grave.

Plusieurs études ont montré une augmentation des hospitalisations en soins intensifs des femmes en post-partum. Les œstrogènes augmenteraient durant la grossesse la susceptibilité au Covid 19. L'expression de l'ACE serait multipliée par deux dans le rein, le placenta et l'utérus des femmes enceintes.

Chez les femmes, la létalité (proportion de décès liés à la maladie) de la Covid 19 augmente à partir de 50 ans, âge du début de la ménopause et d'un certain nombre de comorbidités. Cette augmentation de la létalité s'accentue après 70 ans, pour se rapprocher de celle des hommes. Mais avant 70 ans, la létalité de la Covid est deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. La disparition de cet avantage féminin pourrait être liée aux modifications hormonales de la ménopause. L'augmentation de la mortalité avec l'âge peut aussi être due à la diminution de la fonction immunitaire. L'immunité diminue vers 40 ans dans les deux sexes, et cette diminution s'accentue vers 70 ans, en étant alors plus précoce d'environ 5 ans chez les hommes que chez les femmes. L'âge médian de la mortalité due à la Covid 19 est de 78 ans chez les hommes et de 82 ans chez les femmes.

Les femmes atteintes d'un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) auraient un risque plus élevé de Covid 19 sévère que les femmes du même âge. Elles présentent plus souvent des comorbidités : syndrome métabolique, pathologie cardiovasculaire, diabète, obésité. Par ailleurs elles ont un hyperandrogénisme, et chez elles aussi les androgènes faciliteraient l'entrée du virus dans les cellules. Actuellement aucune étude n'a été faite spécifiquement chez ces femmes.

Mieux vaut être une femme jeune en bonne santé qu’un vieil homme malade…

Pour se protéger de la Covid 19, mieux vaut être une femme, jeune, en bonne santé, sous contraception, de préférence progestative ... qu'être un homme, de plus de 70 ans, porteur de comorbidités.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Gotluru C et coll. : Sex, Hormones, Immune Functions, and Susceptibility to Coronavirus Disease 2019 (COVID-19)–Related Morbidity. Obstet Gynecol 2021;137:4239 
DOI:10.1097/AOG.0000000000004275

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Vos réactions (2)

  • Traitement du covid

    Le 23 mars 2021

    L’ivermectine est très efficace dans la lutte contre le Covid, mais personne ne s’y intéresse en tous cas ni la Santé du pays ni le Conseil de l’ordre ... ni ni ... car 85 % de moins de mortalité et prévention de l’affection sont prouvés par 15 publi. Internationales ! Dommage pour les patients ! Chercher la raison ...

    Dr Jean-Paul Gamondes

  • Covid 19 et sexe

    Le 23 mars 2021

    "Mieux vaut être une femme jeune en bonne santé qu’un vieil homme malade…"
    Vous avez très probablement raison mais cela vous conduit à ignorer l'existence des lesbiennes, des homosexuels, des transgenrés, des travestis, sans oublier celles ou ceux qui marchent aussi bien à voile qu'à vapeur ! Et ne sont pas pour autant protégé(e)s du risque d'être atteint(e)s par la COVID-19...sans oublier d'autres bestioles.
    Un vieil homme (pas homo) et vacciné.

    Dr Michel Vimeux

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