Covid-19 : vers un rebond épidémique ?

Paris, le lundi 7 mars 2022 – Après plusieurs semaines de baisse continue, le nombre de contaminations quotidiennes tend à stagner, laissant poindre l’hypothèse d’un rebond épidémique.

L’épidémie de Covid-19 est terminée. C’est en tout cas le sentiment général qui s’est emparé des Français, qui ont troqué une angoisse pour une autre et qui ont désormais les yeux rivés vers l’Ukraine et non plus sur les courbes épidémiques. Les dernières restrictions sanitaires en vigueur seront bientôt levées et dans moins d’une semaine, les Français pourront abandonner le masque (sauf dans les transports et les hôpitaux) et oublier le passe vaccinal. La pandémie, qui dure depuis deux ans, ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir…à moins que la Covid-19 ait encore un nouveau tour à nous jouer.

BA2, le coupable idéal

En effet, les derniers chiffres de l’épidémie ne manquent pas d’interroger. Après six semaines de baisse rapide, les contaminations quotidiennes tendent à stagner. Ce dimanche, pour la 2ème journée consécutive, le nombre de tests positifs en 24 heures était supérieur au même jour de la semaine précédente.

L’épidémie semble s’être stabilisée autour des 50 000 contaminations quotidiennes. C’est beaucoup moins que lors du pic de la vague Omicron fin janvier (environ 360 000 cas par jour) mais beaucoup plus que lors de chacune des vagues épidémiques précédentes. A noter que la France est loin d’être un cas isolé : plusieurs autres pays d’Europe connaissent une stagnation (Italie, Espagne…) voire une légère hausse (Allemagne, Portugal…) du nombre de nouveaux cas.

Dans le détail, on observe que les contaminations remontent notamment chez les moins de 18 ans, alors qu’elles continuent de baisser dans les autres tranches d’âge, conséquence peut être de l’allègement récent du protocole sanitaire. La stagnation des contaminations est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient alors que le nombre de tests réalisés continue de baisser, certes de moins en moins vite. Pour certains experts, ce début de rebond épidémique pourrait être dû au sous-variant Omicron BA2, qui serait 1,5 fois plus contagieux (mais pas plus pathogène) que son « grand frère » Omicron BA1 et qui pourrait infecter des sujets déjà touchés par le variant Omicron « classique ». Ce sous-variant représente actuellement 38 % des nouvelles contaminations en France, en augmentation continue depuis plusieurs semaines et est donc en passe de devenir majoritaire.

Faut-il conserver le masque en intérieur ?

Cette stagnation épidémique ne remet pas en cause (pour l’instant) la très nette amélioration de la situation sur le front hospitalier. Le nombre d’hospitalisation quotidienne est en baisse de 24 % sur la semaine et est passé sous la barre des 1 000. Le nombre de patients en soins critique est lui en baisse de 17 % et devrait bientôt passer sous le seuil des 2 000, sachant qu’environ un quart des sujets hospitalisés en réanimation sont en réalité des patients « avec Covid » et non pas « pour Covid ». Le nombre de morts quotidiens diminue également : environ 150 par jour actuellement, contre plus de 300 début février.

Il n’empêche que la stagnation actuelle du nombre de cas et le possible rebond épidémique qu’il précède inquiète certains épidémiologistes. Si l’abandon du passe vaccinal fait désormais quasiment l’unanimité, la vaccination étant au point mort (60 000 injections quotidiennes seulement, au plus bas depuis janvier 2021), la levée du port du masque en intérieur fait en revanche débat. Pascal Crepey, épidémiologiste, craint que l’abandon du masque « provoque un rebond épidémique ». « Omicron demeure problématique auprès des personnes à risque, immunodéprimés ou en surpoids » rappelle-t-il. Pour le Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste à Lille, « la question d’une 4ème dose se pose toujours, on ne peut pas exclure un petit rebond épidémique en juillet ».

Les deux dernières années nous ont appris que l’épidémie de Covid-19 était peu prévisible et que la situation épidémiologique peut empirer ou s’améliorer rapidement. Une chose semble certaine : nous n’en avons pas encore totalement terminé avec ce virus.

Quentin Haroche

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