Dengue à la Réunion : une épidémie inhabituellement sévère

Saint Denis de La Réunion, le lundi 31 mai 2021 - La préfecture et l’Agence Régionale de Santé de l’île de La Réunion décomptent 2074 nouveaux cas biologiquement confirmés de dengue en une semaine et un nouveau décès lié à cette pathologie. Bien qu’environ 2000 cas soient colligés chaque semaine depuis début avril, l’épidémie n’avait jamais atteint un tel niveau alors que l’hiver Austral approche.

En outre, à ce stade, les autorités expliquent ne pas être en mesure de dire si le pic épidémique est atteint. L’ARS de l’île de la Réunion souligne également que ce nombre élevé de cas est associé à une hausse du nombre d’hospitalisations de patients et du nombre de passages aux urgences : la proportion de patients affectés par une dengue grave est supérieure aux années précédentes et se situe autour de 21%, tandis que onze décès sont à déplorer depuis le 1er janvier. L’hypothèse la plus plausible semble être une mutation du sérotype 1 de la dengue qui circule sur l’île.

L’Ouest de l’île reste la zone la plus touchée avec 70% des cas déclarés. Au Centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR), le taux d’occupation de l’établissement est désormais de 105 % et les urgences, dont l’activité a augmenté de 40 % à 50 %, sont saturées.

Abandon

Désormais, la crise prend une tournure politique : « En 2020, tout le monde s’affolait sur la crise Covid alors qu’il y avait peu de cas dans l’île », s’agace ainsi dans le journal Le Monde Serge Hoareau, maire de Petite-Ile et conseiller général, constatant que l’attention est bien moins prégnante vis-à-vis de l’épidémie de dengue. Il s’irrite également de constater que les autorités assurent que l’épidémie prendra fin avec l’hiver austral, alors que ces dernières années, cette période de l’année n’a pas été associée à une disparition de la dengue. L’élu appelle donc à une « prise de conscience nationale de la dangerosité de la dengue ». D’autant que la dengue pourrait devenir une problématique métropolitaine dans les années à venir avec le réchauffement climatique.

Marlène Augustin

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Vos réactions (1)

  • Mesures sanitaires ou médecine au cas par cas

    Le 03 juin 2021

    Epidémie de dengue. Non seulement des résultats sont attendus ! Mais encore pire l’épidémie s’accentue avec de plus en plus de décès ! Notre ARS est en grandes difficultés.

    Les mesures prises ne sont pas de la médecine au cas par cas, mais de l’hygiène publique, des mesures pour tous, des actions contre tous les moustiques. C’est une utopie.

    Par contre, l’ARS de Guadeloupe, elle, a trouvé une formule qui frappe. La voici : le moustique qui vous a piqué et qui est responsable de votre dengue se trouve dans votre propre maison.

    Réfléchissez bien sur cette affirmation. Au lieu de disséminer partout des insecticides sans résultats sur des milliards de moustiques sains, il faut s’attaquer au seul moustique celui qui est chez vous.

    Passons à l'ivermectine non pour guérir la dengue de celui qui en est malade ; mais pour empêcher sa diffusion aux personnes de son entourage. Sur quelles bases me direz-vous?

    Les voici. Certaines régions endémiques pour le paludisme en Afrique sont également infestées par la filariose. Prenons juste un seul exemple celui de la cécité des rivières qui sévit sur ce continent.

    L'élimination de l'onchocercose est réalisable au moyen du traitement par l'ivermectine, selon des données publiées mardi dans la revue Neglected Tropical Diseases de la Public Library of Sciences

    Le Lancet émet l’idée que ce traitement peut prévenir le paludisme d’une façon indirecte. Il est en effet possible que les anophèles ingérant de l’ivermectine présent dans le sang des personnes traitées soient tués, réduisant ainsi globalement le risque de transmission à l’échelle de la communauté.

    Les habitants de 4 villages du Burkina Faso se sont vu proposer de l’ivermectine toutes les trois semaines (avec 6 prises de traitement en tout), durant la saison des pluies (entre juin et novembre).

    Les villages contrôles recevaient eux comme tous les ans un seul traitement par ivermectine. L’attribution de chaque village au groupe d’intervention ou au groupe contrôle était due au hasard.

    Succès inattendu ! Comment est-ce possible ? Explications :

    L'ivermectine est un dérivé des avermectines isolées à partir de la fermentation de bouillons de la bactérie Streptomyces avermitilis. C’est le produit d’une bactérie qui lutte contre virus et parasites.

    Elle agit en paralysant la transmission nerveuse des influx. Les vertébrés ont des nerfs qui transportent ces influx. Les invertébrés n’ont en ont pas. Et pourtant ils bougent. La preuve : vous coupez un ver de terre en quatre. Les quatre morceaux continuent de se tortiller : une substance transmet l’influx.

    Laquelle ? L’Ivermectine présente une affinité importante pour les canaux chlorure glutamate-dépendants présents dans les cellules nerveuses et musculaires des invertébrés et interagit avec d'autres canaux chlorure ligand-dépendants.

    Les mammifères et les invertébrés ne possèdent pas de canaux chlorure glutamate-dépendants. Les avermectines n'ont qu'une très faible affinité pour les autres canaux chlorure ligand-dépendants.

    Par conséquent tout moustique qui pique pour son repas de sang un malade atteint de la dengue ayant pris 20 mg d'ivermectine ne peut que mourir sur le champ. Voilà comment casser non pas la dengue mais l'épidémie de la dengue !

    Merci de m'avoir lu chers confrères. A vous d'agir ! Préparez vous à remplacer les directives sanitaires actuelles, elles vont devenir obsolètes.

    Dr JD, en retraite à la Réunion

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