En Asie, une épidémie sans fin

Séoul, le lundi 21 mars 2021 – Deux ans après avoir été les premiers touchés par la Covid-19, les pays asiatiques sont de nouveau à l’épicentre de la pandémie, provoquant la lassitude des habitants.

L’épidémie de Covid-19 prendra-t-elle fin un jour ? Il y a plus de deux ans, la Chine puis ses voisins (Corée du Sud, Japon, Taiwan…) étaient les premiers pays touchés. En ce mois de mars 2022, l’Extrême-Orient est de nouveau la région la plus durement frappée par la Covid-19. En deux ans, le virus de Wuhan a été remplacée par le variant Omicron BA2, bien plus contagieux. Le nombre de contaminations quotidiennes atteint des records, surtout dans ces contrées où le dépistage massif est la règle : 80 000 contaminations par jour à Hong Kong, 100 000 au Japon, 190 000 au Vietnam et surtout 600 000 en Corée du Sud, pays le plus touché au monde. Mais si les précédentes vagues épidémiques avaient provoqué la panique dans ces populations particulièrement préoccupées par les questions de santé publique, c’est désormais la lassitude qui gagne les Asiatiques. Comme les Européens et les Américains, ils souhaitent désormais vivre avec le virus.

La lassitude gagne Coréens et Japonais

En Corée du Sud, les restrictions sanitaires sont ainsi progressivement allégées, bien que 6 400 personnes soient décédées ces deux derniers mois (pour 52 millions d’habitants), soit autant que lors des deux premières années de pandémie. Les autorités de Séoul ont ainsi abandonné leur politique d’isolement strict des malades. Les personnes contaminées sont désormais « invités » à s’isoler chez eux et non plus confinés de force dans des hôtels. Les quelques restrictions encore en vigueur qui concernaient les réunions publiques et les horaires d’ouverture des commerces ont été levés ce vendredi. Par ailleurs, après deux ans de fermeture complète du pays, les étrangers vaccinés seront de nouveau les bienvenus à partir du 1er avril. Avec 87 % de vaccinés et le plus grand nombre de lits de réanimation par habitant au monde, la Corée estime désormais qu’elle peut gérer la Covid-19 sans avoir recours à des mesures restrictives.

Ambiance similaire au Japon, où les restrictions de liberté ont toujours été mal accueillies par la population. 8 500 Japonais sont morts au cours des deux derniers mois, mais cela ne semble pas inquiéter plus que cela habitants et dirigeants. La plupart des restrictions sanitaires mises en place au début de la vague Omicron ont été levées ce lundi. Seule l’obligation de porter un masque en intérieur et les jauges dans les bars et restaurants restent de mise. Le protocole sanitaire à l’école a également été allégé, car la priorité des autorités est bien désormais l’éducation et la santé mentale des plus jeunes : 415 enfants et adolescents se sont suicidés entre avril 2020 et mars 2021.

La Chine reste fidèle à sa stratégie

Même la très autoritaire Hong Kong revoie ses plans. Alors que le nombre de contaminations a explosé dans la ville fin février, la politique d’isolement forcée et la menace d’un confinement a semé le chaos. Les habitants ont dévalisé les commerces pour faire des provisions et les expatriés ont fui la cité. Bien que 280 habitants décèdent chaque jour, les autorités ont donc décidé de lâcher du lest pour éviter un effondrement économique, notamment en mettant fin à l’isolement obligatoire des contaminés. Les frontières de la ville vont par ailleurs s’ouvrir progressivement à partir d’avril. Depuis environ deux semaines, les contaminations sont en forte baisse et un rapide retour à la normale est espéré.

En Asie, seule la Chine reste toujours fidèle à sa stratégie zéro-Covid, qui repose sur le confinement et le dépistage massif. Des dizaines de millions de Chinois sont actuellement enfermés chez eux, alors que les contaminations montent en flèche et que deux habitants de la ville de Jilin sont décédés ce samedi, les premières victimes officielles de la Covid-19 depuis 14 mois. Jeudi dernier, le président Xi Jinping a annoncé qu’il n’était pas question d’assouplir la politique sanitaire de son pays. « Nous devons toujours mettre au premier plan les gens et leur vie » a déclaré le leader chinois, qu’on ne savait pas si humaniste.

Nicolas Barbet

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