Enfants battus : mieux les recenser, mieux les détecter

Paris, le vendredi 2 novembre 2018 – Selon des données de l'Observatoire national de l’enfance en danger plus de 35 000 enfants ont été signalés en 2015 au numéro « allo enfance en danger » (119), pour des faits de violences physiques et psychologiques.

Dans ce contexte, dans une interview parue ce vendredi dans le magazine Elle, le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, affirme que la France doit sortir du « déni » sur cette question.

« Il y a (...) une part de déni. La très grande majorité des enfants qui meurent aujourd'hui du fait de violences sont tués au sein du cercle familial. Il faut oser le dire et sortir d'une vision idyllique de la famille. Toutes ne sont pas bien traitantes. C'est une réalité inacceptable, mais c'est la réalité », a-t-elle ainsi expliqué à l'hebdomadaire.

Elle a aussi promis que les autorités sanitaires allaient mettre sur pied des statistiques plus fiables en matière de violences sur les enfants et mettre l’accent « sur la formation des professionnels, aussi bien pour prendre en charge que pour repérer les enfants en danger ». Elle a ainsi estimé, par exemple, que les médecins urgentistes sont insuffisamment « formés pour détecter les bébés secoués », alors que la moitié des nourrissons « tués par leurs parents meurent d'avoir été secoués ».

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Anonymat des signalements par des médecins

    Le 04 novembre 2018

    Suite à une consultation où j'avais estimé que le comportement du père mettait en danger son enfant de 6 ans, j'ai adressé via internet une information inquiétante. L'enquête a eu lieu, les parents ont été convoqués au Tribunal. Le jugement n'a pas conclut à la nécessité de séparer de l'enfant ou d'une assistante éducative.

    J'ai été avertie de tout cela…par la plainte déposée contre moi au Conseil de l'Ordre par le père. Il n'y pas eu de conciliation : je suis donc poursuivie en Chambre disciplinaire. De surcroit, le père a déposé plainte contre moi au Tribunal Pénal pour dénonciation calomnieuse.

    J'ai appris que le Sénat avait déposé une proposition de loi pour protéger les médecins en autorisant l'anonymat et que la commission parlementaire à l'Assemblée Nationale a voté contre.

    Je ne regrette pas mon geste. Mais je suis convaincue que bons nombre de médecins se retiennent de signaler, pour ne pas être eux mêmes poursuivis. Où est le droit de l'enfant?Comment espérer voire diminuer les maltraitances si on ne protège pas plus les médecins ? Où est la cohérence de la campagne anti maltraitance?

    Dr Annie Faure

  • Une information basée sur des faits vus ou entendus (réponse au Dr Faure)

    Le 09 novembre 2018

    Les tribunaux (ordinal, la "chambre disciplinaire, et pénale) n'attendent pas de vous que vous prouviez une maltraitance, juste que votre information soit basée sur des faits vus ou entendus. Nul besoin d'examen clinique physique, l'interrogatoire peut suffire si l'examen est non contributif.

    En revanche, pour établir un certificat à la demande de l'autre parent, les faits rapportés ne sont pas retenus (enfin si, contre vous). Un certificat doit d'appuyer sur des éléments médicaux perçus directement, comme la souffrance psychologique qui doit surtout être écrite en toutes lettres (rapporter un discours où la souffrance est évidente ne sera pas retenu en votre faveur, malheureusement).

    Ceci dit, vous avez raison.

    Dr Pierre Serveille

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