Extension du domaine de la vaccination

Paris, le lundi 25 avril 2022 – A compter de ce dimanche, les infirmiers, pharmaciens et sage-femmes peuvent administrer une quinzaine de vaccins à leurs patients.

Si ce dimanche 24 avril restera avant tout comme le jour de la réélection d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat, la journée a plus accessoirement  été marquée par l’extension des compétences en matière de vaccination des infirmiers, des pharmaciens et des sage-femmes, en application d’un décret et d’un arrêté publié au Journal Officiel ce samedi.

Cette décision est la suite logique d’un avis rendu en ce sens par la Haute Autorité de Santé (HAS) le 28 janvier dernier. La possibilité pour les pharmaciens d’administrer tous les vaccins recommandés chez l’adulte était également inscrite dans le dernier avenant à la convention entre l’Assurance Maladie et les syndicats de pharmaciens signé le 8 mars dernier. De manière plus générale, cette réforme s’inscrit dans la lignée d’une politique visant à transférer de plus en plus de compétences des médecins vers d’autres professions de santé, afin de pallier le manque de médecins libéraux et de faciliter l’accès aux soins.

Vaccination sans ordonnance pour les infirmiers

Dans le détail, les infirmiers pourront administrer à tous leurs patients de plus de 16 ans une quinzaine de vaccins différents, dont ceux contre la grippe saisonnière, les HPV ou les hépatites A et B, et ce sans prescription médicale. « C’est un premier pas vers plus d’autonomie pour la profession et pour nos citoyens, la garantie d’un meilleur accès renforcé à la prévention » s’est réjouit Patrick Chamboredon, président de l’Ordre des infirmiers.

Les pharmaciens d’officine pourront administrer les mêmes vaccins que les infirmiers aux patients de plus de 16 ans, mais sous condition d’une prescription médicale préalable. La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a cependant indiqué, par la voie de son président Philippe Besset, que des négociations étaient en cours avec l’Agence du médicament (ANSM) pour que les pharmaciens soient autorisés à vacciner des patients sans ordonnance et ce à partir de l’automne. Enfin, les sage-femmes pourront vacciner les femmes enceintes, les nouveaux nés et les « personnes qui vivent régulièrement dans leur entourage » avec les quinze mêmes vaccins.

Le rôle des pharmaciens en matière de vaccination reconnue

Les professionnels de santé non médecins et en particulier les pharmaciens ont fait la preuve de leur efficacité dans la vaccination au cours de l’épidémie de Covid-19. Les officines sont ainsi devenus le lieu privilégié de la vaccination contre la grippe saisonnière et contre la Covid-19 au fur et à mesure que les grands centres de vaccination ont fermé leurs portes. La vaccination en officine est d’ailleurs plébiscitée par les Français : selon une enquête menée par la Société francophone des sciences officinales en 2021, 97 % des clients d’officine estiment les pharmaciens compétents pour pratiquer des vaccinations usuelles.

En application du dernier avenant à la convention pharmaceutique, il est d’ailleurs prévu d’accorder d’autres nouvelles compétences aux pharmaciens en matière de prévention. Ils pourront notamment accorder des entretiens à certains patients (femmes enceintes, diabétiques, patients sous opioïdes…) pour les aider dans leur prise de médicaments et également délivrer des kits de dépistage du cancer colo-rectal. Enfin, dans les zones médicalement sous denses, certains pharmaciens pourront renouveler des traitements chroniques et adapter des posologies.

Nicolas Barbet

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Vos réactions (1)

  • Banalisation

    Le 25 avril 2022

    Ici on rend banal un acte médical, effectué par d'autres personnels que les médecins pour parer à la désertification et à la pénurie de médecins. Toute vaccination devrait rester un acte médical, que le médecin, qui connait bien son patient effectue en concertation avec son patient en fonction de ses antécédent médicaux et familiaux. Cette banalisation pose le problème des responsabilités mais également en ce qui concerne les pharmaciens, de conflits d'intérêts. Vendre et injecter un produit que l'on vend c'est limite. Mais au pays des lobbys, qu'attendre de plus. La Has a dit sautez du pont de l'Alma aucun doute, certains vont se précipiter pour le faire... Pauvre pays...

    C.G (ide)

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