Faune sauvage et humains : garder la bonne distance pour tous

Paris, le mardi 12 juillet 2022 - Admirer l’animal dans son milieu naturel plutôt que dans un zoo. Est-ce la prise de conscience de la catastrophe climatique et donc du précieux de la nature ?

Répondant à la demande du public  les excursions proposant de voir de près des animaux sauvages se sont multipliées. Mais ce tourisme vert (paradoxal car les trajets en avion aggravent le problème climatique) présente des risques sanitaires, peut-on lire dans The Conversation.

Anthropozoonose…

Si les plus dangereux sont admirés de loin (et encore, des accidents ont lieu chaque année), de plus en plus d’animaux sauvages sont attirés vers le touriste via le nourrissage. Ainsi, dans de nombreux lieux touristiques, les singes n’ont plus peur des humains et viennent sur eux. Parfois ils les mordent : au risque de rage s’ajoute pour le macaque celui de l’herpès du singe (Herpès B) : le protocole anti-rabique devra alors s’accompagner d’un traitement anti-herpès.

La plupart des 14 types de lyssavirus de la rage concernent la chauve-souris, mais d’autres microbes moins connus peuvent être transmis à l’homme via ces mammifères lors de la visite de grottes : virus de la fièvre Marbourg, Nipah, histiocytose …

Les oiseaux sont potentiellement vecteurs d’ornithose, grippe aviaire ou encore de virus West Nile. Plus près de nous, le renard si attirant ne doit pas être fréquenté à cause de la redoutable echinococcose alvéolaire. La liste est longue.

…et zooanthroponose

Mais les risques sont aussi du côté des animaux. Nos interventions peuvent perturber leur santé. Car si nous contractons par eux variole du singe ou virus Ebola, l’inverse est également vrai : on retrouve par exemple des singes porteurs du VRS ou du métapneumovirus humains. La faute n’est pas qu’au tourisme : au contact de scientifiques venant les observer, des primates africains ont subi plusieurs épidémies d’infection respiratoire d’origine humaine, souvent mortelles.

Ainsi, de plus de plus de visites, quand elles ne sont pas purement et simplement interdites, se font à présent avec des masques, pour protéger les animaux (grands singes, chauve-souris etc.).

D’autres conséquences sont plus discrètes. Le rassemblement d’une espèce sur un lieu de nourrissage provoque l’appauvrissement génétique de populations ainsi isolées de leurs congénères restés sauvages. Dans nos villes, les mangeoires facilitent l’échange microbien entre espèces d’oiseaux !

Mais nous avons besoin de biodiversité, y compris pour notre santé, concluent les auteurs. Il ne s’agit donc pas de s’en éloigner, mais de garder une distance respectueuse.

Dr Blandine Esquerre

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