Faut-il prier pour l’Hôtel Dieu ?

Paris, le vendredi 18 mars 2011 – Plus qu’un hôpital, l’Hôtel Dieu est un site historique où l’on a vu se mêler depuis sa fondation en 651 la grande et les petites histoires. Les piliers qui entourent l’ancien cloître se souviennent ainsi peut être comment en 1651 la jeune marquise de Brinvilliers vint en dame de charité tester ses poisons sur des malheureux hébergés dans cet hospice, avant de les utiliser sur des personnalités plus haut placées mais pas moins vulnérables. Aujourd’hui, un autre poison envenime la vie du célèbre établissement : la crainte de le voir disparaître et transformer en une simple entité administrative.

Un dispensaire

Une note interne de la directrice générale de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, Mireille Faugère cristallise en effet toutes les attentions. Elle préconise que l’ensemble des services du siège dispersés dans différents bâtiments des quatrième et cinquième arrondissements de Paris et abrités notamment au sein du gigantesque et très coûteux immeuble de l’avenue Victoria soient regroupés au sein de l’hôtel Dieu. Cette perspective irrite profondément les personnels de l’hôpital qui y voit un nouveau coup du sort après l’annonce en septembre du transfert d’un grand nombre de ses activités vers Cochin d’ici 2014. Avec le départ des services d’ophtalmologie, chirurgie thoracique et ambulatoire, diabétologie, pneumologie, oncologie et de réanimation médicale et chirurgicale, ne devraient au final subsister que les urgences, une unité médico judiciaire et un petit service d’imagerie. « Au final, on va en faire un petit dispensaire de ville avec une dizaine de lits et sans rénovation du matériel » s’insurge le représentant FO de l’Hôtel Dieu, Olivier Lebovitch. Les menaces que feraient peser cette évolution sur l’emploi sont également redoutées. La mairie de Paris semble partager ces inquiétudes notant que le projet de faire de l’hôtel Dieu un « hôpital universitaire de santé publique » est aujourd’hui au point mort. « Et puis, cette ambition n’avait de sens que si l’on pouvait mêler la recherche et une offre de soins de proximité. Or on craint que cette offre ne soit réduite à peau de chagrin au profit d’une structure administrative » constate Jean-Marie Le Guen, adjoint à la Mairie de Paris chargé de la santé, cité par le quotidien gratuit Metro.

Aurélie Haroche

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