Hypoxie : des chercheurs prennent de la hauteur pour comprendre

Paris, le mardi 6 août 2019 - Le manque d’oxygène peut être recherché : on organise ainsi des stages sportifs en altitude pour augmenter les performances avec la quantité de globules rouges (EPO gratuite et légale). Mais passer du temps au-delà de 2500 mètres expose au mal aigu des montagnes, bien connu du monde médical. Alors, quid des résidents ? Si de nombreuses personnes vivent à hauteur d’edelweiss sans présenter de problèmes de santé, habiter à très haute altitude expose néanmoins à un syndrome moins étudié, le mal chronique des montagnes.

Pour mieux comprendre l’(in)adaptation au manque d’oxygène, des chercheurs grenoblois ont effectué une expédition au Pérou, dans la plus haute ville du monde.

Record d’hématocrite

La première étape, Lima, située au niveau de la mer, a servi de référence pour les tests et analyses.

Ceux-ci ont été renouvelés à Puno, située à 3800 mètres (où les premiers signes de mal des montagnes ont touché les scientifiques), mais le gros de l’étude s’est ensuite déroulé sur plusieurs semaines à La Rinconada, ville minière qui abrite les 50 000 habitants les plus perchés du monde, à 5300 mètres d’altitude.

Alors que moins de 5% de la population de Puno souffre de mal chronique des montagnes (maux de tête, paresthésies des membres...), ce taux frise les 25 % à La Rinconada où les analyses confirment une augmentation vertigineuse du nombre de globules rouges, avec probablement les taux d’hématocrite les plus élevés jamais relevés : au-delà de 80% !

Sur la terre comme au ciel

Parmi les résultats attendus de cette mission INSERM, le séquençage génétique des prélèvements sanguins des volontaires péruviens pourrait, en déterminant les mécanismes de résistance au stress chronique de l’hypoxie, permettre d’aider ceux qui souffrent de mal chronique des montagnes.

D’autres sujets dans la lune ou la tête dans les étoiles, tels les futurs spationautes, pourraient aussi bénéficier de ces découvertes, mais en dehors de conditions de vie extrêmes, l’intérêt est surtout grand pour tous les malades insuffisants respiratoires vivant en hypoxie ; même au ras des pâquerettes.  

Dr Blandine Esquerre

Référence
Source : Vidéo CNRS comment-vivre-avec-moins-doxygene

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