La bataille contre le bisphénol A monte d’un cran

Paris, le 10 août 2009. Depuis la proposition de loi anti-Bisphénol A déposée le 27 juillet dernier au Sénat par les députés Yvon Collin et Michel Charasse (Groupe du rassemblement démocratique et social européen), la bataille s’amplifie pour que « la fabrication, l’importation, l’offre, la détention » des produits contenant du Bisphénol A soient interdites en France.
Vendredi 7 août, le Réseau Environnement- Santé a demandé à l’ensemble des parlementaires de soutenir cette proposition de loi qui relève, selon André Cicolella, porte-parole de l’association, « d'une mesure de santé publique prioritaire et non partisane, compte tenu des centaines d'études scientifiques qui concluent à 90 % à un effet ».
Ces jours-ci, une ONG a même écrit au tout nouveau président du Parlement européen, le Pr Jerzy Buzek, ingénieur chimiste. Antidote Europe l’interpelle ainsi dans une lettre ouverte pour une interdiction du Bisphénol A notamment dans les biberons. (Lien vers la lettre ouverte : http://www.destinationsante.com/IMG/pdf/lettre-Buzek.pdf)

Le Bisphénol A est une substance chimique suspectée d’être cancérigène qui entre dans la composition des matières plastiques, notamment des biberons en polycarbonate. On la trouve aussi dans les canettes, les emballages alimentaires … Ce composé chimique est notamment suspecté d’avoir un effet néfaste sur le système nerveux de l’enfant.

Interdit seulement au Canada

Depuis le mois d’avril, la ville de Paris n’achète plus de biberons contenant du Bisphénol A pour ses crèches. Ceux-ci sont désormais soit en plastique sans Bisphénol, soit en verre. Sur les stocks existants dans les crèches, Christophe Nadjovski précisait en avril être encore en discussion pour « soit un renouvellement intégral, soit un renouvellement au fil de l'eau ».

Pourtant, dès le mois de mars et à contre-courant, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot avait déclaré que des études fiables prouvaient l'innocuité des biberons fabriqués avec du Bisphénol-A. Dans son dernier avis daté du 23 juillet 2008, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) ne disait pas autre chose : « Les nouveau-nés sont capables de métaboliser et d’éliminer le BPA à des doses inférieures à 1 milligramme par kilogramme de poids corporel par jour. » Or toujours selon l’AESA, « l’exposition alimentaire au BPA des personnes, y compris les nourrissons et les enfants, est bien inférieure à cette dose ».

Ces types de biberons sont néanmoins interdits au Canada depuis l’année dernière … et peut-être bientôt en France.

FB

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